"> Kompromat - Playing/Praying - Indiepoprock

Playing/Praying


Un album de sorti en chez .

7

Nouvel album pour un projet récréatif qui a dépassé les attentes.

Le cas Kompromat n’est pas une première : deux musiciens avec leurs carrières respectives se rencontrent et ont envie de travailler ensemble autour d’une idée commune, pour un projet potentiellement pensé comme récréatif, ou tout du moins provisoire et qui, devant l’engouement, appelle, sinon à devenir pérenne, à avoir une suite. En l’occurrence, on parle ici de la rencontre de Vitalic, figure de la scène electro française depuis de nombreuses années, et de Rebeka Warrior, active elle aussi au sein de Mansfield Tya ou Sexy Sushi. L’idée en question était de faire un album influencé, pour ne pas dire conceptualisé, par la techno et l’indus made in Germany. Sonorités martiales, chant en allemand sur la majorité des morceaux étaient ainsi au coeur de « Traum Und Existenz », paru en 2019. Un disque efficace, parfois un peu bridé par son format « exercice imposé », et dont le succès a pour beaucoup reposé sur la voix de Rebeka Warrior, tour à tour en contrepoint des beats métalliques de son comparse ou en version monocorde et froide pour accompagner le propos.

Fin 2024, avant même la sortie de « Playing/Praying », le duo a annoncé une tournée et, preuve de l’engouement du public, les dates se sont remplies très vite avec, comme point d’orgue, un Olympia déjà plein à craquer qui a poussé Kompromat à passer à la capacité au-dessus avec un Zénith déjà dans les tuyaux. Musicalement, il restait toutefois à Kompromat à penser cette suite en faisant évoluer la formule sans renier les bases. Sans surprise, sur « Playing/Praying », album décrit par ses auteurs comme une messe païenne sur le dance-floor, le duo délaisse l’allemand pour revenir alternativement à l’anglais ou au français dans les textes. Au niveau sonore, les traces de techno berlinoise sont encore présentes mais cohabitent avec d’autres plus dansantes et plus variées. Pour autant, peut-on dire que Kompromay suit le mouvement de l’electro britannique qui désormais réinvestit clairement le dance-floor ? Le temps de morceaux comme Lift Me Up et I Did Not Forget You, avec, sur le second, un featuring de Rahim Redcar, on est plutôt dans ce schéma et on accroche immédiatement. Et ce d’autant plus que le duo ne délaisse pas une certaine radicalité puisque les textes de Rebeka Warrior sont sans filtre et se parent d’une certaine crudité qu’on entend rarement sur ce type de sonorités. Plus loin, le duo s’offre même une respiration avec la quasi-ballade Only In Your Arms. 

En revanche, un peu à l’image de leur premier album, il y a d’autres moments où on sent le duo quelque peu en pilotage automatique, à l’image du morceau titre, répétitif et convenu avec son recours au texte parlé sur fond de sonorités sentencieuses, tandis que Intelligence Artificielle referme paresseusement l’album. En résumé, la côte de sympathie du duo n’est pas entamée, les fulgurances de ce second album sont réjouissantes, mais, pour un contenu vraiment abouti, il faudra encore attendre.

Rédacteur en chef

La disco de Kompromat

Playing/Praying7
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