"> Les Rita Mitsouko - Variéty - Indiepoprock

Variéty


Un album de sorti en chez .

Certes il s’agit là d’un énième retour pour un fameux duo qui n’a plus fait grand chose d’intéressant depuis près de vingt ans. Mais parce qu’ils font partie des rares à avoir bousculé les codes de la chanson française, qu’ils ont eux-mêmes reconnu avoir été hors-sujet ces quinze dernières années et assurent vouloir retrouver leur chemin […]

Certes il s’agit là d’un énième retour pour un fameux duo qui n’a plus fait grand chose d’intéressant depuis près de vingt ans. Mais parce qu’ils font partie des rares à avoir bousculé les codes de la chanson française, qu’ils ont eux-mêmes reconnu avoir été hors-sujet ces quinze dernières années et assurent vouloir retrouver leur chemin avec "Variéty", on aurait tort de les snober.

Et pour aller dans le sens de Fred Chichin et Catherine Ringer, mettons tout de suite de côté les éléments les plus rasoir de "Variéty" : à oublier, donc, les élucubrations sur le destin tragique de Marie-Antoinette (Badluck Queen), la nostalgie lourdingue (Ma Vieille Ville) et surtout le refrain et le saxo de Ding Ding Dong qui rivalisent de ringardise. Rendez-vous avec moi-même, c’est le credo de cet album, ne pas se laisser dicter quoi faire par les autres, revendiquer un retour à la simplicité. Et effectivement l’instrumentation s’articule autour d’une guitare acoustique et d’un harmonica sur une bonne partie des morceaux, ce qui laisse de la latitude à la voix inégalable de Catherine Ringer, plus que jamais le meilleur atout des Rita Mitsouko.

C’est donc sans surprise que les titres les plus convaincants, Communiqueur d’Amour, Même Si, Rendez-vous avec moi-même, sont ceux ou elle développe son chant avec le plus de liberté. Et puis il y a Terminal Beauty, duo avec Serj Tankian, chanteur de System Of A Down de son état et qui se révèle un étonnant pendant vocal masculin de Catherine Ringer. Ce morceau, sorte de valse pop étant de loin le plus audacieux en terme de style, on obtient sans conteste le sommet de l’album.

Le problème est qu’ hormis ce moment, on dépasse rarement le stade du "morceau sympa", quand on ne tombe pas dans la fadeur (L’ami Ennemi, Rêverie). A vouloir retrouver leurs marques, les Rita Mitsouko ont certainement passé plus de temps à corriger leurs errements passés, à retrancher les éléments les plus négatifs qu’à créer de toutes pièces. Leurs textes jadis si sagaces et pertinents glissent vers la neutralité la plus plate, et les compositions, si elles sont honnêtes, sonnent souvent impersonnelles. "Variéty" est plus un disque de contrition que de création, et ça s’entend.

Rédacteur en chef