"> Lethal Bizzle - Against All Oddz - Indiepoprock

Against All Oddz


Un album de sorti en chez .

A l’instar de Dizzee Rascal ou Kano, Lethal Bizzle – l’une des gloires de la scène grime britannique – tente finalement l’expérience solo. « Against All Oddz » sera l’occasion pour les non initiés de le découvrir, car hormis quelques rares privilégiés, peu doivent connaître ce MC londonien issu de la scène UK Garage (il participait déjà […]

A l’instar de Dizzee Rascal ou Kano, Lethal Bizzle – l’une des gloires de la scène grime britannique – tente finalement l’expérience solo. « Against All Oddz » sera l’occasion pour les non initiés de le découvrir, car hormis quelques rares privilégiés, peu doivent connaître ce MC londonien issu de la scène UK Garage (il participait déjà en 2001 à l’album du More Fire Crew). Pourtant, en 2004, le séminal hymne Pow! l’avait fait connaître hors du microcosme. On attendait donc avec impatience l’essai du monsieur.

Première déception et non des moindres, le morceau qui avait fait la renommé du Bizzle est absent de son premier album. Certes, on pourrait penser qu’il s’agit d’un choix délibéré, une manière de s’affranchir du carcan que pourrait être un tel succès. Pourtant, ses quelques autres réussites commerciales, comme No! (en compagnie de son crew, le Firecamp) ou encore What We Do (en compagnie de Twista, Kray Twinz), font elles partie de la liste… On peut alors se poser la question de la légitimité d’une telle absence d’autant que ces deux derniers titres sont vraiment parmi les moments forts de l’album. On y ajoutera sans hésitation l’excellent Uh Oh produit par le culte Sticky avec sa touche si particulière dans les lignes de basses vibrantes et la rythmique 2step. Sans doute, Lethal Bizzle rend-il ici hommage à ses racines Garage, que beaucoup de ses collègues n’ont pas eu la décence de reconnaître (cf. Wot Do U Call It sur l’album de Wiley).

Malgré ces quelques vraies réussites, le disque reste assez inégal. Plus que la qualité du flow, de la voix du MC, ce sont plutôt les productions qui sont de valeur variable. Un petit coup d’oeil aux notes nous fera vite comprendre : lorsque Lethal B se produit lui même le résultat est navrant. Fire est un morceau ridicule qui rappellera presque les pires heures du Roll Deep (The Avenue) avec son sample grillé de It’s A Shame des Spinners de Stevie Wonder. En revanche, lorsque Bizzle confie les manettes à Dexplicit, le résultat est tout autre. Kickback ou No! sont parmi les meilleurs morceaux. Ce talentueux et jeune producteur (22ans) oeuvrait déjà sur Pow!, ce n’est donc pas un hasard.

Au final, l’album reste plaisant. Si on le compare aux références du genre comme le « Boy In Da Corner » de Dizzee Rascal, il se pose comme un outsider sérieux. Les bons disques ne sont pas légion dans le genre, les grosses déceptions nombreuses et contrairement au Roll Deep ou à Wiley, Lethal Bizzle fait preuve d’honnêteté et de sincérité, des qualités qui font trop souvent défaut à la scène grime.

Chroniqueur

La disco de Lethal Bizzle