"> Marcin Wasilewki / Slowomir Kurkiewicz / Michal Miskiewicz - Trio - Indiepoprock

La Pologne n’a pas que des plombiers pour nous séduire. Elle a aussi Marcin Wasilewski, Slawomir Kurkiewicz et Michal Miskiewicz, trois jazzmen estampillés ECM. Alors qu?il jouit d’une forte réputation auprès de ses autochtones, le trio peine autant à s’implanter dans le reste de l’Europe que son congénère plombier. Sans doute parce que « Trio » est […]

La Pologne n’a pas que des plombiers pour nous séduire. Elle a aussi Marcin Wasilewski, Slawomir Kurkiewicz et Michal Miskiewicz, trois jazzmen estampillés ECM. Alors qu?il jouit d’une forte réputation auprès de ses autochtones, le trio peine autant à s’implanter dans le reste de l’Europe que son congénère plombier. Sans doute parce que « Trio » est son premier disque à connaître une distribution internationale. « Varsovie ne fut pas construite en un jour », dit-on.

Wasilewski (piano) et Kurkiewicz (contrebasse) commencent à jouer ensemble à l’aube des années 90. Ils se rencontrent dans la High School of Music de Koszalin, au bord de la mer Baltique, alors âgés d’à peine quinze ans. Miskiewicz (batterie) intègre la formation en 1993 et le trio est né. Les trois jeunes musiciens composeront cinq disques pour de petits labels indépendants et remporteront de nombreux prix. Puis c’est la rencontre avec Tomasz Stanko (trompettiste) qu?ils accompagneront en tournée jusqu?aux Etats-Unis et en studio sur « Soul Of Things » et « Suspended Night », unanimement salués par la critique. « Trio », c’est donc l’émancipation de ces trentenaires polonais, leur premier pas vers la reconnaissance.

Le répertoire alterne improvisations collectives et reprises étonnantes telles que l’ Hyperballad de Björk, le thème Plaza Real de Wayne Shorter, Green Sky de Stanko ou encore Roxane?s Song issue de l’opéra « King Roger » de Szymanowski. Chaque réinterprétation, en plus d’être audacieuse offre une cohérence improbable à « Trio » où tout est délicatesse et volupté. De la musique nocturne, pour de paisibles songes. Quand les cymbales frémissent, que la contrebasse se déhanche, le piano caresse, comme si l’ensemble n’était qu?une seule et même danse. « Toutes ces années passées ensemble ont donné naissance à un geste créatif totalement symbiotique » observe Don Heckman pour un compte-rendu de concert au Los Angeles Time.

Au delà de la symbiose, ces enfants spirituels de Keith Jarrett nous offrent un opus d’une grande richesse. « Jamais un groupe d’une telle qualité n’avait vu le jour dans toute l’histoire du jazz polonais » certifie Stanko. Varsovie ne cesse de nous envoyer des signaux depuis le plombier. La Pologne nous aime, c’est une évidence.

Chroniqueur

La disco de Marcin Wasilewki / Slowomir Kurkiewicz / Michal Miskiewicz