"> Maria Somerville - Luster - Indiepoprock

Luster


Un album de sorti en chez .

8

Second album de l'Irlandaise, au charme énigmatique.

Pour appréhender un album et l’accueil qui lui est fait, il est parfois utile de se référer à l’inconscient collectif. « Luster », second album de Maria Somerville, qui paraît pas moins de six ans après son premier opus, est ainsi publié par 4AD, label mythique s’il en est. Et quand en plus, on a affaire à un album auquel on associe les termes de musique éthérée, élégiaque, planante, ressurgit tout le patrimoine historique du label, auquel on associe une formation comme les Cocteau Twins, pour ne citer que la plus évidente. S’ajoute à cela un genre lui aussi entré dans l’histoire de l’indie-pop, qui a d’ailleurs au fil des années et décennies pris diverses formes pour, aujourd’hui, ne faire qu’un grand tout. Shoegaze, ambient, dream pop, sont ainsi des termes qui désormais ne sont que les avatars de ce qu’on appelle la musique atmosphérique, genre qui, il faut l’avouer, exerce une certaine fascination.

Ainsi, ce second album de Maria Somerville suscite un enthousiasme global qui, au fil des écoutes, peut d’abord laisser dubitatif. La formule déroulée tout au long des 40 minutes de « Luster » est en effet largement éprouvée : voix toute en délicatesse et susurrements qui égrène les mots avec une torpeur étudiée, arrangements où se mêlent plages de synthé planantes, guitares mouchetées et évanescentes, ambiance globale qui évoque des paysages entre brume et lumière, flottement entre rêve et éveil ouaté. Et tout cela se fait sur des morceaux qui s’enchaînent naturellement, sans qu’aucun ne retienne particulièrement plus l’attention qu’un autre, même si on a peut-être un peu plus tendance à revenir à Violet,  et qui ne brillent pas non plus par des mélodies bouleversantes. On serait donc enclin à modérer l’enthousiasme général et considérer qu’on tient avec « Luster » un bon album de genre, sans plus.

C’est pourtant là que la fascination qu’exerce ce type d’album intervient. Car, petit à petit se révèle une évidence : il est impossible de juger ce type de disque en cherchant à prendre de la hauteur et de la distance pour rester le plus objectif possible. Il faut au contraire accepter sans restrictions le caractère enveloppant de cette musique et s’y immerger complètement. Alors, rien n’oblige à crier au génie mais seulement à admettre que « Luster » est une belle synthèse de tout ce que la musique atmosphérique a porté depuis quarante ans et que le canevas sonore, qui n’est qu’une accumulation de petits détails discrets si on les prend isolément, est en revanche dans son ensemble une belle prouesse. On mesure tout ce qu’il faut de discipline et de conviction à Maria Somerville pour laisser l’auditeur venir à elle et finir par le rétribuer en bien-être et sensations décuplées. Si, parfois, la musique est un baume, alors « Luster » en est la plus belle des ilustrations.

Rédacteur en chef

Tracklist

  1. Réalt
  2. Projections
  3. Garden
  4. Corrib
  5. Halo
  6. Spring
  7. Stonefly
  8. Flutter
  9. Trip
  10. Violet
  11. Up
  12. October Moon

La disco de Maria Somerville

Luster8
80%