"> Mocky - Saskamodie - Indiepoprock

Saskamodie


Un album de sorti en chez .

Ce batteur de génie canadien, installé à Berlin, plus souvent cantonné en homme de l’ombre pour accompagner ses fidèles amis (Gonzales, Jamie Lidell, Feist) sur leurs albums respectifs, que ce soit en tant que musicien, compositeur ou producteur, mène en parallèle une carrière remarquable mais en dents de scie. Il est d’ailleurs troublant de voir […]

Ce batteur de génie canadien, installé à Berlin, plus souvent cantonné en homme de l’ombre pour accompagner ses fidèles amis (Gonzales, Jamie Lidell, Feist) sur leurs albums respectifs, que ce soit en tant que musicien, compositeur ou producteur, mène en parallèle une carrière remarquable mais en dents de scie. Il est d’ailleurs troublant de voir à quel point son parcours a évolué de manière similaire à celui du génie absolu, Gonzales. Mocky partage avec lui une sensibilité musicale très aigüe, liée au fait qu’il a lui aussi débuté sa formation classique très tôt, à 12 ans. Et puis, il s’est aussi exilé dans le Berlin underground ou il a lancé sa carrière de rappeur cheap et funky. Assez marqué par l’échec de son avant-dernier album, "Navy Brown Blues", Mocky s’est fié aux conseils de Gonzales, qui lui a proposé de faire un album quasiment instrumental et jazz. Ainsi, tout comme son ami, qui est retourné à ses premiers amours avec le monumental "Solo Piano", il décide d’empoigner ses baguettes et de s’enfermer dans les cossus Studios Ferber, avec Renaud Letang aux manettes, le même qui a co-produit le fastueux dernier album de Gonzales, "Soft Power".
 
On envie la personne à qui est sûrement dédié le sublime Birds Of A Feather, on a rarement entendu plus belle chanson d’amour. Rythmée et languissante comme une douce journée d’été, cette chanson est de celles qui ne décollent plus de notre tête, et qui nous vont droit au cœur. L’enjoué Golden Dream permet à Mocky de faire l’homme-orchestre, mais accompagné par un chœur de choc. Le très classieux Chubby Cheeks, co-composé avec Gonzales, aurait pu figurer sur "Soft Power", tant on y retrouve sa patte groovy et élégante, digne de l’héritage des années 70. L’étonnant morceau-titre, Saskamodie est un vrai chef-d’œuvre à lui tout seul. Variant les humeurs et les rythmes, il est complexe tout en restant parfaitement audible, et il fait la part belle aux instruments acoustiques leur donnant une densité rarement entendue. Mocky chante à merveille sur Somehow Someway et endosse le costume du crooner qui semble taillé sur mesure pour lui. Jiinti est encore une fois une merveille et que dire de Sleepy Time, qui sonne comme la comptine idéale pour faire de beaux rêves. Le majestueux For Pepecito pourrait figurer dans une bande originale d’un film que l’on s’est inventé dans sa tête pendant toute l’écoute de l’album.
 
Quiconque a eut le malheur de considérer cette musique, tout comme celle de "Solo Piano" d’easy-listening, se trompe. Gonzales et Mocky sont de vrais musiciens, trop doués pour vouloir faire de la musique facile. Ils y travaillent dur, et leur talent faisant le reste, le résultat est une fois de plus époustouflant. "Saskamodie" est un album immensément précieux, dans le sens ou il nous est cher.

Chroniqueur
  • Publication 276 vues25 juillet 2009
  • Tags MockyCrammed
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Tracklist

  1. Music to My Ears
  2. Little Journey
  3. Birds of a Feather
  4. Golden Dream
  5. Chubby Cheeks
  6. Guiding Light
  7. Saskamodie
  8. Somehow Someway
  9. Jiinti
  10. Music to My Ears (Reprise)
  11. Sleepy Time
  12. For Pepecito
  13. Birds of a Feather Remix (feat. Gza)
  14. Birds of a Feather (Digital Rollerskating Jam)
  15. Guiding Light (Mocky/Gonzales Duo Version)
  16. Guiding Light (Gonzales Solo Piano Version)

La disco de Mocky

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