"> Moriarty - Epitaph - Indiepoprock

Epitaph


Un album de sorti en chez .

7

La rupture tranquille.

Moriarty est et restera à jamais les responsables de l’intemporel Jimmy, titre qui malgré ça coloration vintage très marquée aura rencontré un très large succès jusqu’au grand public. Comme bien souvent, le retour sur Terre, ou dans les studios après de telles réussites s’avère bien souvent précaire. Du temps et des productions sont passés depuis « Gee Whiz But This Is a Lonesome Town », période pendant laquelle le groupe, sans jamais réellement nous décevoir, avait tendance à trop réitérer son savoir-faire quitte à parfois clairement nous laisser sur notre faim.

Moriarty quoiqu’il arrive c’est avant tout, désolé, la voix exceptionnelle de Dame Rosemary Standley : puissante, claire et chaude, dans la plus pure veine New Orleans’ Soul. Un organe aussi notable aura facilement tendance à vampiriser l’instrumental, c’est bien en cela que résidaient nos reproches jusqu’à cet « Epitaph »…

Car oui, nous avons accroché, au point d’en être réellement surpris, à ce nouvel album, et ce dès le début, sans la moindre arrière-pensée! Comme bien souvent, cela vient des incartades faites à leur propre style…

Toujours fortement ancré dans leur soul vintage (avec une telle voix, il ne pourrait en être autrement), Moriarty s’essaie à quelques saturations, à de nouvelles rythmiques latines, même Rosemary libère son timbre du carcan parfois pesant de son univers musical. On découvre quelques accompagnements bluesy, Reverse (anger), quand on ne part pas tout de go vers une pop très actuelle, avec un History Of Violence où il n’y a guère que l’harmonica pour nous rappeler la nature du groupe, ou bien vers le garage, Maybe A Little Lie aurait pu être écrit par Scout Niblett, par exemple  .

Bien entendu, la qualité très pro de la voix et des instrumentaux classeront toujours Moriarty plus dans la catégorie des albums « premiers degrés » qu’on apprécie par jouissance du moment plus que pour la révolution, l’urgence ou la cassure qui habitent nos albums cultes. Oui il est difficile de trouver une aspérité dans l’album, une rupture qui nous fera entrer totalement dans cet « Epitaph ». Mais celui-ci est par contre composé 13 superbes compositions qui dégagent une ambiance particulièrement travaillée, qui gagne en consistance par ses déviances artistiques.

En ce qui nous concerne en tout cas, « Epitaph » est clairement la production du groupe qui nous aura le plus touché, évidemment pour la beauté de ses compositions (chose qui n’a jamais fait défaut au groupe), mais surtout pour sa variété et ses risques.

S’il ne devait en rester qu’un titre : Fire Fire.

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La disco de Moriarty