"> O ! The Joy - Zen Mode - Indiepoprock

Zen Mode


Un album de sorti en chez .

Doté d’un nom à l’excentricité très "post-rock", le souci du détail étant poussé jusqu’à l’introduction d’un point d’exclamation interne, ce quatuor américain nous est présenté comme un OVNI capable de s’attaquer à tous les styles avec une égale facilité. Avec ses guitares grésillantes et vrombissantes, mixées très en avant, volant la vedette à une batterie […]

Doté d’un nom à l’excentricité très "post-rock", le souci du détail étant poussé jusqu’à l’introduction d’un point d’exclamation interne, ce quatuor américain nous est présenté comme un OVNI capable de s’attaquer à tous les styles avec une égale facilité. Avec ses guitares grésillantes et vrombissantes, mixées très en avant, volant la vedette à une batterie pétaradante et à une voix nettement en retrait, ce premier album place néanmoins O ! The Joy dans le pré carré d’un style expérimental entre math-rock et post-rock.

Au-delà d’une filiation évidente avec quelques grands ténors du genre, O ! The Joy parvient, c’est vrai, à oser des incursions inattendues dans des domaines variés (mélodies pop, complexes tirant vers le jazz). Le problème est que le groupe juxtapose les genres, sans jamais les transcender ; d’où l’impression tenace d’un amas hétéroclite de pièces détachées chipées, essentiellement, au catalogue des grosses cylindrées de l’expérimentation rock.

"Zen Mode" s’avère, il faut le reconnaître, pénible sur la longueur à force de virtuosité affichée. Le cocktail impressionne quelques minutes puis tourne franchement à l’indigeste. Quelques titres comme There Is No Such thing As Organized Crime tirent même franchement vers l’insupportable. On croise souvent quelques idées, mélodiques ou rythmiques, agréables, et l’on aimerait les voir développées plus avant, mais le zapping frénétique orchestré par O ! The Joy est sans pitié : c’est frustrant.

Quand pourtant le groupe jugule le flux de ses hormones (de façon toute relative), le résultat est plus que probant : Under The Radar, I Just Didn’t Tell You ou encore le final de Zen Mode démontrent bien que le jeu en vaut la chandelle…

O The Joy a probablement une vision très large de la musique, une culture dont on peut louer l’éclectisme ; ce n’est pas forcément synonyme de talent. Ces musiciens intelligents et instrumentalement doués sauront, on l’espère, s’en rendre compte et revoir leur approche sur de prochains albums, qu’on espère inventifs, mais surtout moins exténuants que ce "Zen Mode".

Chroniqueur

La disco de O ! The Joy