"> Objekt - Flatland - Indiepoprock

Flatland


Un album de sorti en chez .

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Souvenez-vous, on vous avez déjà parlé il y a peu du label PAN avec la chronique du terrifiant Miseri Lares de l'expérimentateur Valerio Tricoli. Il se trouve qu'en Octobre dernier, leur nouveau poulain, qui répond au curieux pseudonyme Objekt, a sorti son tout premier album, un véritable OVNI musical qui devrait se hisser non loin de la première place de tout top électronique qui se respecte.

Il existe deux manières de se représenter l’art que l’on dit « contemporain ». Il peut s’agir en effet d’un art de l’innovation perpétuelle ou bien d’un art du recyclage. TJ Hertz alias Objekt fait clairement partie de la première catégorie, il est de ceux qui expérimentent toujours plus sans pour autant produire une musique dénuée de sensibilité.

Avant toute chose, il convient de rappeler qu’Objekt a étudié l’électronique et l’ingénierie dans la prestigieuse université d’Oxford. Cette information n’est en aucun cas anodine tant sa maîtrise machinique est grande sur ce disque. Plus qu’un album donc, cet opus doit se concevoir comme un traité en faveur d’une libération des machines. Il suffit d’ailleurs pour s’en apercevoir de se plonger dans One Stitch Follow Another, où le musicien se plaît à rompre le flot continu que l’on croit pourtant installé de façon pérenne. La machine s’impose brusquement, interrompt le discours musical et le contrefait à sa guise. Elle règne en maître et laisse de force son emprunte tout au long de l’œuvre en donnant à entendre des phénomènes sonores pour le moins inouïs. Ce qui est troublant, de surcroît, c’est l’humanité qui se dégage malgré tout. Car qu’est-ce qu’une machine sinon de l’humain matérialisé ? Ici, TJ Hertz l’a saisi et parvient à combler n’importe quel auditeur en conférant à sa musique une grande expressivité et en produisant une réelle synthèse des genres.

En effet, il flirte allégrement avec les sonorités hip-hop sur le beat de Second Witness et sa caisse-claire qui rappelle étrangement celle des productions de l’illustre J Dilla. La dance music est elle aussi mise à l’honneur avec les très groovy Dogma et Interlude (Whodunnit?), sans compter les textures ambient d’un Cataracts, qui lorgne vers un sound design des plus travaillés.

Premier album et premier coup de maître donc pour ce jeune compositeur. Lui qui a débuté dans le paysage dubstep livre avec « Flatland » une œuvre expérimentale aboutie de bout en bout qui renoue avec les grandes heures des musiques électroniques. Saluons donc une fois de plus le label PAN qui a le mérite de conserver son intégrité et de dénicher sans cesse des artistes au vrai sens du terme.

Chroniqueur
  • Publication 392 vues12 décembre 2014
  • Tags ObjektPAN
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Tracklist

  1. Agnes Revenge
  2. One Fell Swoop
  3. Ratchet
  4. Strays
  5. Agnes Apparatus
  6. Dogma
  7. First Witness
  8. Interlude (Whodunnit?)
  9. Second Witness
  10. One Stitch Follows Another
  11. Cataracts

La disco de Objekt

Flatland9
90%

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