"> Palatine - Phantômaton - Indiepoprock

Phantômaton


Un album de sorti en chez .

7

Le second album de Palatine, quatre ans après "Grand Paon De Nuit".

En France, il y a deux écoles : les tenants purs et durs d’une utilisation de la langue qui, par son phrasé particulier et sa grammaire complexe, enferme souvent dans un rythme étriqué, qu’on appelle la chanson française, genre potentiellement noble mais très référencé et qui empêche de déborder son cadre. Pour déborder le cadre, justement, il y a la seconde école, celle des artistes français qui renient la langue au profit de l’anglais. En surface, cela permet d’explorer d’autres genres, d’autres rythmes. Sauf qu’une langue, il ne suffit pas de l’avoir dans la bouche, il faut avant tout l’avoir dans l’oreille. Et, soyons honnêtes, les artistes français qui ont l’anglais dans l’oreille ne sont pas légion et, par conséquent, vite débusqués. Ce qui fait souvent du recours à l’anglais un coup d’épée dans l’eau.

Palatine, le groupe mené par Vincent Ehrhart-Devay, n’est pas loin d’incarner une troisième voie. D’abord parce que, chez eux, anglais et français cohabitent, même parfois au sein de la même chanson. Une particularité qui n’est pas un procédé mais le reflet de la démarche artistique de Palatine. Car la musique de Palatine est nourrie de voyages, on trouvait ainsi des références à la Nouvelle-Orléans sur « Grand Paon de Nuit », leur premier album, on est avec « Phantômaton » dans le registre de l’introspection, voyage intérieur s’il en est. Dans les deux cas, cela crée un phrasé souvent languissant, comme si le regard ou l’imagnation étaient tendus vers un ailleurs. Et, musicalement, le groupe tend vers un folk/blues soigné, qui ici trouve peut-être son sommet sur Dangereuses, qui oscille au gré des intonations de la voix profonde de Vincent Ehrhart-Devay.

Et si le groupe cède parfois à une certaine emphase, il évite largement la monotonie grâce à une écriture toujours soignée, un savoir-faire musical sans cesse mouvant et qui explore subrtilement d’autres univers. Sur  Killer Moon ou Orée, batterie, basse et guitares sont ainsi joliment soutenues par un synthé bienvenu, ce qui ouvre la palette sonore et renforce l’effet onirique du morceau. Avec « Phantômaton », Palatine creuse doucement son sillon, à la fois bien dans ses racines et gorgé d’ailleurs, toujours pour le meilleur.

Rédacteur en chef
  • Publication 257 vues20 janvier 2023
  • Tags PalatineYotanka
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Tracklist

  1. Château Lointaine
  2. Calice
  3. I waltz unseen
  4. Ma peau
  5. La Sentinelle Amadouée
  6. Dangereuses
  7. Go fast
  8. Les glaces ou le feu
  9. Killer Moon
  10. Orée

La disco de Palatine

Phantômaton7
70%
Grand Paon De Nuit7
70%

Grand Paon De Nuit