"> Paul Jacobs - I Need A Place To Keep My Stuff - Indiepoprock

I Need A Place To Keep My Stuff


Un album de sorti en chez .

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Un nouveau pavé dans la marre du Do It Yourself, l'hurluberlu Paul Jacobs s'emploie à grand coups de folie tout juste maîtrisés et de bricolages en tout genre...

Le concept du One Man Band, jusque là réservé à une mouvance blues-country plus ou moins punk, commence à générer des projets plus inattendus, le français Piano Chat nous avait déjà conquis. Cette année 2014 voit arriver sur la pointe des pieds un jeune Canadien cheveux longs, look entre le skateur et le nostalgique du grunge. Paul Jacobs livre un album « I Need A Place To Keep My Stuff » et un EP « Moudly Love », à 2 mois d’intervalle. Le phénomène travaille au même rythme que son jeu, effréné.

« I Need A Place To Keep My Stuff » fleure bon cette fraîcheur du loser magnifique, musique garage simplissime, survoltée et surtout d’une efficacité imparable. Les titres enchaînent au rythme des effets obsédant apposé à la voix et à la six cordes, ce qui n’est pas sans rappeler Thee Oh Sees, la précision en moins. Là où la bande à John Dwyer brille par son travail de fourmi mono maniaque en studio, Paul Jacobs semble tout entreprendre dans un esprit live, one shot, ça passe où ça casse, et plus ça casse, meilleur ce sera. Le recours aux « traficotages » sonores ne déroge pas à la logique de toute évidence jusqu’au-boutiste de notre ami, c’est fait à louche et dans une seule optique, renforcer l’expressivité entre folie et urgence, une pointe de désabusement pour lier le tout.

À l’image du « Mellow Gold » qui fit connaître Beck en son temps, cet album semble annoncer l’avènement d’un touche-à-tout doué de ses doigts et de l’oreille, certainement plus underground et moins focalisé sur la mélodie, mais furieusement habité, et surtout geek du son à n’en point douter…  On ne peut que souhaiter à Paul Jacobs le brin de chance qu’a dû rencontrer Bek Davis Campbell, celui qui fait la différence entre l’artiste maudit et la star indé.

Ne cherchez donc pas de subtilité harmonique dans « I Need A Place To Keep My Stuff », s’il y en a, ce sera certainement dû au plus pur des hasards. Vous vous trouverez par contre face à un mur sonore, qui bien que lourd, semble se fissurer de toute part, l’oeuvre d’un fou des effets, du genre à crever ses amplis au tournevis. C’est addictif et hallucinogène, ça défoule, dans la plus pure veine garage. Et s’il est besoin de le rappeler, c’est l’oeuvre d’un seul homme…

S’il ne devait en rester qu’un titre : Soul Catcher.

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La disco de Paul Jacobs