"> Purity Ring - Shrines - Indiepoprock

Shrines


Un album de sorti en chez .

7

Les extrêmes s'attirent, entend-on souvent. L'histoire ne dit pas si tout oppose les deux membres de Purity Ring (Megan James et Corin Roddick) mais le premier album du duo recèle en tout cas un nombre spectaculaires de contradictions.

Les extrêmes s’attirent, entend-on souvent. L’histoire ne dit pas si tout oppose les deux membres de Purity Ring (Megan James et Corin Roddick) mais le premier album du duo recèle en tout cas un nombre spectaculaire de contradictions, comme si deux volontés indépendantes, divergentes, tentaient chacune de tirer l’album de son côté un disque qui tire du coup son intérêt de cette personnalité bicéphale, quasi-schizophrène.

Tout d’abord, le son : Purity Ring travaille un son électro marqué par certains standards hip-hop et R’n’B, voire par des styles plus récents comme le dubstep (non pas pour l’approche rythmique, assez simple ici, mais pour le recours à des voix retouchées jusqu’à la désincarnation ou pour certaines sonorités de percussions). Cette enveloppe, très (parfois trop) homogène d’une chanson à l’autre, jusqu’à donner un certain sentiment de répétition, recèle finalement de nombreuses sophistications gratifiantes à l’écoute. Signalons cependant que l’oreille de l’auditeur peut fatiguer sous les assauts de ces pulsations rythmiques et de ces incessants flux / reflux de nappes sonores à volume élevé. Cet habillage assez exigeant accompagne pourtant des mélodies somme toute classiques : pas d’abstraction ici, Purity Ring nous propose de véritables pop-songs, simples et directes malgré leurs atours complexes (il suffit pour s’en convaincre d’écouter Fineshrine, Amenamy ou encore Saltkin).

La grande surprise de « Shrines », et certainement pas le moindre des paradoxes de ce disque, c’est que de ce son articifiel et synthétique surgit une véritable sensation d’humanité, inattendue dans un tel contexte. Les paroles, tour à tour rêveuses et angoissantes, dépeignent un univers où le corps est roi, où chacune de ses parties semble s’animer d’une vie propre, un univers régi par les fluides, les odeurs, les sécrétions. La voix aiguë et souvent très modifiée (à renforts d’échos et vocodeurs divers) de Megan James nous parvient presque désincarnée, d’autant que le chant choisi par la Canadienne est volontairement peu expressif. Le contraste est alors d’autant plus saisissant avec ces paroles qui manipulent la chair, les corps et leurs orifices, comme on imaginerait un androïde rêver de toutes ces propriétés non robotiques qui font d’un organisme animal un fourmillement de vie.

Bien plus complexe qu’il n’y paraît de prime abord, « Shrines » se fait tour à tour cajolant, angoissant, languissant et distille au fur et à mesure des écoutes une séduction vénéneuse à laquelle on prend grand plaisir à céder, malgré une légère monotonie.

Chroniqueur

Tracklist

  1. Crawlersout
  2. Fineshrine
  3. Ungirthed
  4. Amenamy
  5. Grandloves (feat. Young Magic)
  6. Cartographist
  7. Belispeak
  8. Saltkin
  9. Obedear
  10. Lofticries
  11. Shuck

La disco de Purity Ring

Another Eternity3
30%
70%

Shrines