"> Sisyphus - S/t - Indiepoprock

S/t


Un album de sorti en chez .

5

Pas à proprement parler un supergroupe, Son Lux, Serengeti et Sufjan Stevens ayant déjà uni leurs forces pour un résultat pas très convaincant. Sisyphus s'annonce comme un nouveau départ pour les trois compères.

A l’époque, le trio s’était baptisé S/S/S et avait produit un Ep assez faiblard où chacun jouait sa partition dans son coin. Cette fois-ci, même si cet album est le résultat d’une commande du Walker Art Center de Minneapolis et a été élaboré autour du travail de l’artiste visuel Jim Hodges, on ne peut croire que les trois musiciens n’ont pas un minimum été guidés par la volonté de reprendre les choses de zéro. Reste néanmoins la question de savoir si l’envie de faire de la musique ensemble est une motivation suffisante pour que trois univers distincts parviennent à produire un ensemble cohérent et pertinent. Sufjan Stevens apparaît comme la pierre angulaire du projet : pas seulement parce que c’est lui qui a la plus grande notoriété, mais parce qu’on sait, sans que ce soit une insulte pour les deux autres, que c’est lui le meilleur compositeur, que c’est également lui qui, au cours de sa carrière, a balayé le spectre musical le plus large, mais aussi que c’est un personnage extrêmement complexe, tellement doué et inclassable qu’il est également capable de se saborder.

Calm It Down lance les hostilités avec de belles promesses. Serengeti prend les devants en posant son flow nonchalant sur quelques beats dépouillés. Ca s’écoute bien, c’est pas révolutionnaire, avant que le morceau prenne une belle ampleur quand le spectre sonore s’élargit et que surgit un refrain solaire sur lequel Sufjan et Son Lux reprennent le flambeau vocal. Dans la foulée, Take Me s’avère franchement réussi : le canevas sonore reste résolument électro, planant et même pas loin du trip hop, le morceau s’articule une nouvelle fois autour d’une seule phrase mélodique, néanmoins très raffinée et le chant de Sufjan Stevens est impeccable, limite envoûtant. Et, sur la suite de l’album, comme on le pressentait au départ, ce sont ses interventions que l’on guette. Car, à l’instar de  Rythm Of Devotion, une certaine redondance et monotonie s’installe quand Serengeti tient le crachoir, et sa présence semble avant tout servir à lancer des fausses pistes. On croit embarquer pour un morceau d’abstract hip hop, et puis, de nouveau, on bifurque sur une phrase musicale accrocheuse et aérée, à la lisière de la pop et de la soul, les arrangements s’emballent, et tout prend une autre dimension. I Won’t Be Afraid, même s’il ne rivalise pas avec les sommets de l’oeuvre de Sufjan Stevens, porte tout entier sa marque et ravira ses fans, tandis que l’éthéré  Hardly Hanging On met davantage l’univers de Son Lux à l’honneur, mais on sent l’ombre de son mentor planer sur le morceau. A côté de ces bons moments, Flying Ace ou Lion’s Share peinent à décoller.

Enfin, le temps d’un My Oh My où le flow de Serengeti rencontre les envolées baroques et boisées de la pop de Sufjan Stevens et des triturations sonores plus tarabiscotées que jamais, on frôle un peu la tambouille et le trio retombe dans ses travers. Le sentiment global sur cet album reste d’ailleurs mitigé car, hormis quelques exceptions où la petite troupe peut faire valoir une certaine complémentarité, Sisyphus reste néanmoins un disque bâtard avec des bouts de Sufjan Stevens dedans. C’est son point fort, c’est tout autant sa limite.

Rédacteur en chef

Tracklist

  1. Calm It Down
  2. Take Me
  3. Booty Call
  4. Rhythm of Devotion
  5. Flying Ace
  6. My Oh My
  7. I Won't Be Afraid
  8. Lion's Share
  9. Dishes In the Sink
  10. Hardly Hanging On
  11. Alcohol

La disco de Sisyphus

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50%

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