Premier album des jumelles de Toronto.
Quand on suit l’actu indé depuis plusieurs décennies, on a forcément à un moment ou un autre connu une vague de « revival » renvoyant à un âge d’or supposé de la pop. Losque l’on a pas été soi-même contemporain de la période concernée, on prend cela avec recul, on a même tendance à focaliser sur ce qu’il peut y avoir d’actuel dans la démarche. Mais en revanche, quand on a vécu la période « en direct » et qu’on l’entend ressurgir chez de nouveaux artistes trente ans plus tard, la réaction peut se faire plus épidermique et susciter beaucoup moins de bienveillance. Et pourtant, en musique comme dans toute forme de création artistique, il en a toujours été ainsi et il faut l’accepter. Softcult, le duo formé par les deux soeurs jumelles Phoenix et Mercedes Arn-Horn sort avec « When A Flower Doesn’t Grow » son premier album, après avoir édité titres et EP au compte-gouttes depuis plusieurs années, et leur musique évoque très fort les années 90, du shoegaze de Lush au grunge de L7 ou Sleater-Kinney.
Ce qui permet de relever que, recul oblige, les frangines évoluent entre ces deux registres là où, dans les années 90, on était plutôt d’une chapelle ou d’une autre, même si celles-ci étaient évidemment très proches. Pour schématiser, disons que le grunge était globalement l’apanage de formations américaines quand le shoegaze avait une identité plus britannique. Softcult étant un duo canadien, elles ont toute la latitude pour faire la synthèse entre les deux.
Et ce qui fait l’intérêt de ce premier album est que les deux jumelles le font plutôt bien. Dans le registre grunge, Hurt Me est un titre à l’efficacité indéniable, qui s’offre en outre une jolie respiration sur le final, quand Naive s’impose comme un titre shoegaze rondement mené, avec un accord récurrent bien senti, une certaine langueur et des vocaux exécutés à deux soignés. A côté, un titre comme 16/25 sonne plus convenu, sans rien enlever au charme de l’ensemble. I Held You Like Glass révèle la propension des filles à faire montre de beaucoup de grâce, tout comme Queen Of Nothing. S’il fallait choisir, on dira qu’on les apprécie un peu plus en mode shoegaze éthéré qu’en bulldozer riot girrls, mais « When A Flower Doesn’t Grow » est au final le résultat d’influences certes très évidentes mais néanmoins bien digérées.
- Publication 268 vues2 février 2026
- Tags softcultEasy life records
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