"> The Delano Orchestra - Eitsoyam - Indiepoprock

Eitsoyam


Un album de sorti en chez .

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Moins de trois ans après l'intimiste "Now That You Are Free My Beloved Love", The Delano Orchestra confirme, avec ce quatrième opus, son statut de protagoniste majeur d'une scène indé auvergnate en incessante (très) grande forme.

Outre les imposants succès de Kaolin ou des tourtereaux de Cocoon, Clermont-Ferrand peut aujourd’hui se réjouir de disposer de l’une des scènes indé folk/rock les plus séduisantes de l’Hexagone. Depuis la création du label local Kütu Folk Records en 2006, bon nombre d’artistes (St. Augustine, Garciaphone, Leopold Skin…) ont su tour à tour user de leurs prédispositions pour porter fièrement l’étendard musical auvergnat, jadis incarné par le viscéral Jean-Louis Murat. En tête de cette prolifique cavalerie se dresse The Delano Orchestra, téméraire chevalier à six têtes orné de cuivres et de cordes éthérées. Non sans avoir mené à bien ses trois premières croisades avec une insolente majestuosité, la bande de Derek Delano (alias Alexandre Rochon) délivre en ce début d’année sa toute nouvelle expédition baptisée « Eitsoyam ».

Aidés dans leur tâche par l’excellent Peter Deimel (qui a déjà travaillé pour Hushpuppies ou encore The Kills), le sextette puydômois s’est imprégné du cadre bucolique des Black Box Studios près d’Angers pour donner matière à une œuvre aussi obscure qu’emplie d’optimisme. Tout au long de ses treize pièces, « Eitsoyam » se répand sur un post-rock dépeignant la pureté des sentiments de liberté, sorte de quête des grands espaces remédiant à la moindre anxiété claustrophobique. La délivrance charnelle du chant sur l’introductif Everything, l’énergique inspiration d’air frais sur Wake Up, ou encore la rageuse exaltation provoquée par le bien nommé Breathe sont autant de pièces qui attestent parfaitement des volontés d’évasion qui planent sur ce disque. Derek et son orchestre subliment également les bonnes recettes lorsqu’il s’agit d’en découdre avec des joutes pop aux coups de foudre immédiats (Girl, l’excellent November), ou de se munir d’un rock direct et abrasif sur Xxx ou Candle, n’étant pas sans rappeler celui ouï deux décennies plus tôt à une époque où les Smashing Pumpkins savaient encore quoi faire de leurs guitares. Tandis que Wollaws joue l’interlude aux allures de comptine, des écorces vertueuses s’immiscent avec une certaine sensualité sur Aak et Light Games, ainsi qu’au travers des murmures chaloupés d’Always, triplé de berceaux envoûtants où le glam vocal préserve toute sa pudeur pour entrer élégamment en osmose avec les mélodies.

Sur fond de cuivres songeurs et de violons non moins nostalgiques, Dreams et Summer scellent en notes indolores une partition menée avec une remarquable justesse. Preuve que même au creux de volcans inoffensifs, ses plus esthètes héritiers sont à la mesure d’en conserver une force de caractère plus que solennelle…

Histoire d’enfoncer un peu plus le clou, The Delano Orchestra publiera même un cinquième LP (« MVAT MVCT MLWY ») le 22 avril prochain! Voilà qui promet…

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