"> The War On Drugs - Lost In The Dream - Indiepoprock

Lost In The Dream


Un album de sorti en chez .

7

Concourant une fois encore aux plages vaporeuses et avides de grands espaces qui ont fait l'essentiel de sa discographie, The War On Drugs se mue sur ce quatrième écueil en digne héritier de l'americana sous ses versants les plus accrocheurs...

Adam Granduciel voulait faire de cet album celui de l’universalité, celui qui renouerait avec l’atmosphère roots de la musique traditionnelle américaine, comme pour raviver l’union historique consumée par l’incessante quête de grandiloquence d’une nation et de sa horde d’assujettis. Comme pour revenir à l’essentiel et ne pas s’encombrer d’instants superficiels, balayer l’éphémère et le manque profond de convictions, à l’instar du clip de Red Eyes (à visionner ci-dessous) où seule l’innocence incarnée par l’âge tendre, Gibson en mains, rassemble tous les suffrages dans une parodie de télé-crochet…

Consciemment ou non, le leader des War On Drugs n’a pas eu besoin de puiser au plus profond de son inspiration pour composer la dizaine de titres de « Lost In The Dream », tant ce nouvel album apparaît comme le plus authentique jamais réalisé par le groupe de Philadelphie. A tel point que la presse spécialisée, ici et d’ailleurs, place déjà ce dernier dans la liste des incontournables de l’année en cours, là où d’autres n’auraient pas misé le moindre kopeck sur sa réussite.

Au bon souvenir de ses fresques antérieures, l’oeuvre démarre par une introduction pour le moins épique, Under The Pressure, cavalcade mono-rythmique de neuf minutes qui annonce clairement la couleur. Granduciel et consorts semblent avoir une foule de messages à délivrer, tout en conservant en ligne de mire leur empreinte instrumentale (rock eighties, americana pêchu, guitares aux tons limpides) dans l’espoir de tenir le destinataire en éveil, étirant – parfois dangereusement- ses morceaux sans jamais basculer dans le registre du colossal. De fait, il ressort de ces à-propos une sobriété presque désarmante, sorte de road-trip idyllique où la simplicité, l’honnêteté et l’instinct libertaire priment sur tout autre sentiment (l’éponyme Lost In The Dream et sa nappe d’harmonica, Eyes To The Wind et son alliance entre notes jazzy et country, le salvateur interlude The Haunting Idle…). Autrement, le reste de la tracklist condense les mêmes préceptes sous un angle plus « populaire », à savoir un rock poli et exacerbé évoquant volontiers le génie sans égal des frères Knopfler ou les indémodables joutes du boss Springsteen (Red Eyes, An Ocean Between The Waves, Burning…).

Sans être réducteur pour autant, The War On Drugs n’a probablement pas le profil pour combler les foules, encore moins pour garnir un stade entier, mais cette négation expliquerait sans doute l’attrait que l’on lui porte actuellement. Mainstream mais pas trop, efficace sans être foncièrement original, ce nouvel album dépeint malgré tout le storytelling et le songwriting irréprochable de Granduciel, en plus de dépoussiérer un americana pur jus dont on ne se rappelle pas avoir entendu aussi belle mouture contemporaine…

 

Community Manager

Tracklist

  1. Under The Pressure
  2. Red Eyes
  3. Suffering
  4. An Ocean In Between The Waves
  5. Disappearing
  6. Eyes To The Wind
  7. The Haunting Idle
  8. Burning
  9. Lost In The Dream
  10. In Reverse