"> Titus Andronicus - The Monitor - Indiepoprock

The Monitor


Un album de sorti en chez .

Réjouissante découverte sur scène, le groupe américain Titus Andronicus suscite quelques interrogations au moment d’aborder ce deuxième album : est-il possible de transcrire ce formidable enthousiasme avec la même pertinence sur disque ? La réponse, nette et sans appel, ne tarde pas à s’imposer : c’est raté ! De l’énergie, ce groupe en a à […]

Réjouissante découverte sur scène, le groupe américain Titus Andronicus suscite quelques interrogations au moment d’aborder ce deuxième album : est-il possible de transcrire ce formidable enthousiasme avec la même pertinence sur disque ? La réponse, nette et sans appel, ne tarde pas à s’imposer : c’est raté !

De l’énergie, ce groupe en a à revendre, sans aucune doute, mais cette fougue s’accommode mal avec une orientation surprenante visant à marier la fulgurance du punk avec des structures plus complexes, à la limite du rock progressif. Sur plus d’une heure, la formule tourne court. Les premiers morceaux, pleins de fraicheur, séduisent avec leurs chants foutraques, leurs mélodies de guitares calibrées pour stades à la Big Country, leurs changements de rythme à répétition…

Assez rapidement, les mêmes ingrédients se voient recyclés à l’envi, jusqu’à saturation, sans discernement. Les morceaux, étirés sans raison ni pertinence, se transforment en divagations pénibles. Les approximations du chant, que l’on supportait de bonne grâce le temps de quelques chansons, tournent à l’insupportable, réduisant en bouillie les quelques mélodies que l’on pensait glaner et l’on se retrouve plus souvent à penser aux beuglements d’une bande de bûcherons avinés qu’aux refrains de véritables chansons. Et comme toujours, ce qui s’avère merveilleusement grisant lorsque l’on partage l’ébriété des dits bûcherons se révèle surtout gênant si l’on reste sobre. D’autant qu’en parallèle, le recours incessant au même rythme balloche accompagné de violons ivres achève de faire basculer l’entreprise du côté du cliché. "The Monitor" devient peu à peu indigeste, interminable pensum de ce que le collège rock américain peut produire de plus caricatural. On comprend que Pitchfork en bave des ronds de chapeaux. De notre côté de l’Atlantique, les recettes de ce genre sont moins systématiquement appréciées, une question de culture sans doute.

Avec un peu moins d’indulgence et de complaisance, Titus Andronicus aurait pu livrer une belle petite bombe punk nerveuse et racée. En se laissant aller à des penchants coupables, le groupe nous offre un pavé ventripotent et sans charme, où la fougue et l’énergie ronronnent à vide et se muent rapidement en approximation et en emphase inutile. On se contentera donc d’un bon souvenir scénique sans perdre plus de temps avec cet embarrassant "Monitor".

Chroniqueur

Tracklist

  1. A More Perfect Union
  2. Titus Andronicus Forever
  3. No Future Part Three: Escape From No Future
  4. Richard II Or Extraordinary Popular Dimensions And The Madness Of Crowds (Responsible Hate Anthem)
  5. A Pot In Which To Piss
  6. Four Score And Seven
  7. Theme From “Cheers"
  8. To Old Friends And New
  9. ...And Ever
  10. The Battle Of Hampton Roads

La disco de Titus Andronicus