"> Trees Speak - Ohms - Indiepoprock

Ohms


Un album de sorti en chez .

6

L’intensité électrique sans la résistance.

Après un 1er album éponyme très discret (mais très bon), sorti en 2017 sur le label italien Cinedelic Records, on pouvait s’inquiéter sur le futur de Trees Speak, groupe américain originaire de Tucson en Arizona. C’était sans compter sur Soul Jazz Records, l’excellent label britannique habitué des pressages d’albums oubliés, diggers sans frontières, qui une fois tombé sur ce groupe (qui détonne dans leur catalogue d’artistes africains et sud-américains) s’empresse de produire leur 2nd album « Ohms » qui sort ce mois-ci.

Les deux membres de Trees Speak, les frères Daniel Martin Diaz et Damian Diaz (le 1er compositeur, musicien et artiste symboliste, le 2nd batteur) savent exactement où nous emmener avec « Ohms » : vers une intensité électrique et rythmique au style typiquement allemand qu’est le krautrock. C’est d’ailleurs avec ce genre augmenté de no wave, psy et post rock qu’est présenté l’album, et force est de constater que l’on retrouve bien tous ces ingrédients dans cet album aux rythmes répétitifs et parfois intenses, à la guitare basse/batterie mises en avant et aux synthétiseurs vintages des années 60/70.

Mais contrairement aux allemands de Can par exemple, les introductions ne dépassent pas la minute, nous sommes plus souvent devant une démonstration, une présentation maîtrisée mais sommaire, il n’y a pas ici une véritable et complète appropriation des ambiances et des rythmes comme peut le faire Beak> depuis quelques années. Il n’en reste pas moins de petites perles comme Soul Sequencer qui atteint un rythme presque parfait, même chose avec la basse dans Nitrous Cross, la mélodie que l’on voudrait sans fin de Sadness In Wires, Out Of View pourrait introduire un titre oublié de Joy Division ou bien celui d’un Sonic Youth de la grande époque… Bref, les références sont nombreuses mais trop saupoudrées selon les faces de ce double vinyle.

Cette suite de titres souvent trop courts reste le point négatif : pourquoi ne pas dépasser les 3mn sur 14 titres ? A l’image des groupes de ce grand mouvement qu’est le krautrock, pourquoi ne pas se laisser aller jusqu’aux 10 mn (soyons fous) ? Que ce soit pour le krautrock ou le no wave, ce type d’expériences aime les longs chapitres, il faut donner du temps pour qu’un rythme parfait et une véritable densité puissent naître. On pourrait aussi rapprocher cet album d’une bande originale de film, découpée scène par scène, par plans successifs, mais une fois de plus, ici, cette succession des titres est trop rapide, souvent frustrante.

C’est donc une impression mitigée que nous procure cet album qui atteint avec difficulté les 43mn malgré ses 17 morceaux, en espérant que des festivals comme Levitation à Angers puissent les inviter pour juger sur pièce ce groupe qui pourra peut-être s’exprimer dans la longueur cette fois-ci.

 

Chroniqueur

Tracklist

  1. Soul Sequencer
  2. Nitrous Cross
  3. Shadow Circuit
  4. Blame Shifter
  5. Spirit Duplicator
  6. Nobody Knows
  7. Sadness in Wires
  8. State of Clear
  9. Sleep Crime
  10. Knowing
  11. Splendid Sun
  12. Ohms
  13. Out of View
  14. Psychic Wounds
  15. Silicone Emotions
  16. Octave Cycle
  17. Witch Wound

La disco de Trees Speak

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Trees Speak
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