"> Tremore - Cursed City - Indiepoprock

Cursed City


Un album de sorti en chez .

Guitares au son de verre dépoli, riffs nerveux, basse obstinée et bondissante, voix tour à tour nonchalante et fiévreuse : pas d’hésitation à entretenir sur les influences de Tremore, qui officie très clairement dans le terrain de jeu défini par les chefs de file new-yorkais de ces dernières années (Strokes, Interpol). Tout juste quitte-t-on parfois […]

Guitares au son de verre dépoli, riffs nerveux, basse obstinée et bondissante, voix tour à tour nonchalante et fiévreuse : pas d’hésitation à entretenir sur les influences de Tremore, qui officie très clairement dans le terrain de jeu défini par les chefs de file new-yorkais de ces dernières années (Strokes, Interpol). Tout juste quitte-t-on parfois la Grosse Pomme pour quelques errances du côté de Manchester.

Ready For A Ride, trompeur, semble poser les bases d’une pop-rock énergique d’obédience Smithsienne, mais dès le second morceau, Breakfast, Strokesien en diable, le discours est recadré. Le reste de l’album s’inscrira dans cette même veine.

Pour les amateurs, cela confirmera encore l’influence évidente qu’on eu les Strokes et dans une moindre mesure Interpol sur le rock de ce début de millénaire. Les autres regretteront au contraire le manque flagrant d’originalité et d’imagination qui plombe souvent la production des plus jeunes pousses françaises, quand bien même le talent est parfois palpable. Alors qu’on nous annonce, ça et là, l’éclosion d’une portée de nouveaux talents rock comme on n’en avait pas vu depuis longtemps, il est difficile de partager cet enthousiasme bon enfant : une armée de clones serait donc tout ce que la France aurait à proposer en matière de renouveau rock?

Tout cela n’incite pas à l’indulgence ; qu’est-ce qui explique alors qu’on se laisse toutefois prendre au jeu? C’est simple : une indéniable maîtrise du style pratiqué, une aisance mélodique hors du commun, qui permettent même de passer sur certaines faiblesses vocales ou quelques approximations éparses. On en regrette d’autant plus ce manque d’originalité dommageable : Tremore est-il victime d’un complexe d’infériorité qui le pousse à rester en terrain connu et balisé plutôt que d’explorer des territoires plus personnels?

Pour cette fois, on fera en tout cas une exception pour Tremore, que l’on absoudra sur la foi d’une efficacité sans faille. Reste à espérer que ce quatuor se forge rapidement une personnalité plus marquée et réussisse à s’affranchir de ses influences encore trop présentes : leur talent est évident, et ne saurait dès lors que végéter s’ils s’obstinaient à ratisser sans cesse les mêmes latitudes.

Chroniqueur
  • Pas de concert en France ou Belgique pour le moment

La disco de Tremore

Cursed City
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