"> White Lung - Deep Fantasy - Indiepoprock

Deep Fantasy


Un album de sorti en chez .

9

Quintessence Riot Grrrl ultime. Pas moins.

10 titres, 22 minutes, une efficacité redoutable, un album indispensable : voici la troisième galette de la formation punk canadienne (Vancouver) emmenée par la chanteuse Mish Way, Kenneth William aux 6 cordes, Hether Fortune aux 4 cordes, Anne-Marie Vassiliou aux fûts. Le temps imparti ne laisse guère de latitude pour palabrer et enchaîner des ronds de jambe pour amener l’essence d’un album concentré dans un ou deux titres.

Non, ces 22 minutes SONT l’essence de l’album. Il n’y a rien à jeter. Le contraire aurait été décevant, ceci étant.

« Deep Fantasy »,  c’est un peu Nashville Pussy qui rencontre Motörhead (Lemmy es-tu là?) : en l’espèce, une sorte d’incroyable puissance qui propulse le punk aux frontières du hardcore, speedcore, grindcore – un truc en « core », quoi – et laisse pantois, bouche ouverte, salive poignant aux commissures.

Le premier titre Drown With The Monster exploite le filon de manière magistrale et séduit dès les premières secondes, intenses et hypnotisantes. Le morceau s’achève de manière abrupte, beaucoup trop abrupte, on reste sur sa faim. Encore !

La suite ?

La suite est du même tonneau et la qualité de l’ensemble est d’un tel niveau que l’album s’écoute sans aucun temps mort. Pas un seul détour vers des horizons alambiqués. Tout droit, à fond, des riffs d’enfer, une rythmique de fous furieux, un duo guitare-basse qui se tire la bourre, une voix qui emplit l’espace juste comme il faut, gargarisant les fins de phrases en rondeur, sans en faire trop, ni s’égosiller. C’est beau une voix féminine en lead d’un groupe punk !

Down It Goes se passe d’intro, et happe dès le premier instant dans un tumulte sonore de 9 secondes, avant de laisser place à Mish, soutenue par, à nouveau, un riff ébouriffant.

Le schéma se répète tout au long de l’album : petite intro (Snake Jaw, Face Down, Wrong Star, In Your Home), ou pas d’intro du tout (I Believe You), et enchainement tout en puissance, débouchant sur un morceau se suffisant de quelques 2’30, voire moins – on appréciera tout autant Sycophant avec ses 1’37, avec toujours des accointances métal évidentes qui portent l’intérêt de ce crossover au plus haut niveau. Un cocktail détonnant.

Si on en tombe pas raide dingue, il reste néanmoins nécessaire de consacrer ces deux dizaines de minutes, soit un trajet dodo-boulot en province en moyenne, pour savourer la recette sonore qui assoit White Lung comme la tête d’affiche pour laquelle on paie son entrée au festival.

Sans doute un des albums 2014 les plus efficaces, denses et dignes d’intérêt, inspirant les superlatifs les plus élogieux. Non, avec 10 titres en 22 minutes, on n’est pas lésés, c’est même plutôt un pur bonheur.

Repeat all.

Chroniqueur
  • Pas de concert en France ou Belgique pour le moment

Tracklist

  1. Drown With The Monster
  2. Down It Goes
  3. Snake Jaw
  4. Face Down
  5. I Believe You
  6. Wrong Star
  7. Just For You
  8. Sycophant
  9. Lucky One
  10. In Your Home

La disco de White Lung

Deep Fantasy9
90%
It’s The Devil
0%