"> Whitelands - Night Bound Eyes Are Blind To The Day - Indiepoprock

Night Bound Eyes Are Blind To The Day


Un album de sorti en chez .

8

Le premier album du groupe londonien, exercice de shoegaze élégant.

La scène londonienne se porte plutôt bien en ce moment et nous offre depuis quelques mois un florilège de premiers albums, éclatés dans pas mal de styles. C’est aujourd’hui à Whitelands de sortir leur premier album. Pour qualifier la musique de sa formation, Etienne Quartey-Papafio, qui en est la voix et le guitariste avait parlé de « pop à guitares jouée par des blacks ». Le fait qu’il fasse référence à sa couleur de peau et à celle de ses comparses n’est pas neutre car, effectivement, même si la noisy-pop, ou le shoegaze, choisissez votre terme préféré, n’est pas à proprement parler une musique identitaire, on l’a toujours connue jouée par des blancs. Pour autant, on reste là dans le registre de l’anecdotique puisque Whitelands ne sont pas là pour redéfinir le shoegaze mais plutôt s’y fondre.

Une ambition qui n’est en rien réductrice car, objectivement, si le shoegaze est un syle qui a offert son lot d’albums inscrits au patrimoine de la pop, on peut aussi s’étonner de le voir revenir en force car, avec son tempo alangui, son climat sonore vaporeux et multi-couches, il peut aussi vite devenir rébarbatif. Concrètement, quand on fait preuve d’un peu de patience et qu’on cherche à comprendre ce qui fait qu’on va accrocher à un album de shegaze ou pas, on en vient à la conclusion que, pour être convaincant, le groupe doit avoir un son très « calé ». Et ça tombe bien car, à cet égard, sur « Night Bound Eyes Are Blind To The Day », Whitelands font quasiment un sans-faute. A peine notera-t-on un rendu un peu trop flou et redondant sur Chosen Light. Le reste du temps, dès les premières mesures de Setting Sun, la batterie donne idéalement le tempo. Très présente à côté des guitares, la basse est implacable et les guitares, justement, qui évoluent dans un registre qui donne la priorité aux arpèges virevoltants sur les effets saturés, font décoller les morceaux à chaque fois. Enfin, de sa voix sûre, Etienne Quartey-Papafio tour à tour domine les débats sur The Prophet & I ou se fond dans les textures sonores sur How it Feels. 

Restent les chansons en elles-mêmes. Jamais emphatiques, elles mettent en avant une belle fibre mélodique sur The Prophet & I, Tell Me About It, réhaussée d’une belle voix féminine, donnent toute latitute aux guitares de faire entrer un petit accord subtil dans la tête de l’auditeur sur Born In Understanding. Plus quen album de shoegaze de plus, « Night Bound Eyes Are Blind To The Day » apparait comme un disque qui, gràce à la fraîcheur de ses interprètes, repose les bases du genre pour mieux nous en faire prendre toute la pertinence et les subtilités. Voilà encore un premier album à ne pas négliger.

Rédacteur en chef

Tracklist

  1. Setting Sun
  2. The Prophet & I
  3. Cheer
  4. Tell Me About It
  5. How It Feels
  6. Chosen Light
  7. Born In Understanding
  8. Now Here’s The Weather

La disco de Whitelands