"> Wolf Eyes - Human Animal - Indiepoprock

Human Animal


Un album de sorti en chez .

Un disque de Wolf Eyes est souvent le résultat d’expérimentations bruitistes absolument terrifiantes. Cette impression se trouve souvent vérifiée sur le nombre incalculable de titres que le groupe a réalisés, et dont la plupart ne sont sortis que sous la forme de CD-R. Leur dernier album, "Human Animal", connaît une distribution moins confidentielle grâce au […]

Un disque de Wolf Eyes est souvent le résultat d’expérimentations bruitistes absolument terrifiantes. Cette impression se trouve souvent vérifiée sur le nombre incalculable de titres que le groupe a réalisés, et dont la plupart ne sont sortis que sous la forme de CD-R. Leur dernier album, "Human Animal", connaît une distribution moins confidentielle grâce au label Sub Pop. Particulièrement radical, il ferait passer "Confusion Is Sex" de Sonic Youth pour de la pop gentiment naïve.

Ecouter "Human Animal" pourrait s’apparenter à vivre une expérience qui nous ferait apprendre l’essence même du mot terreur. Wolf Eyes réussit à construire un monument de sauvagerie primitive en récupérant le meilleur du rock industriel, hardcore, no-wave, et en y mélangeant quelques arrangements issus de musiques électroniques et expérimentales. Le premier morceau A Million Years nous plonge dans l’ambiance démente concoctée par ses apprentis Charles Manson : rythmique bruitiste minimaliste, incursion d’un saxophone free-jazz , et un cri primal (rien à voir avec le groupe de Bobby Gillepsie) des plus horrifiant.

Par la suite le calme relatif de Lake of Roaches et Rationed Rot nous pétrifie par ces beats distordus, ces ambiances glauques et industrielles. Mais ce n’est qu’une accalmie de courte durée avant que les terribles gerbes de guitare de Human Animal et Rusted Mange ne viennent violenter nos oreilles. Et au milieu de ce hardcore définitif, Wolf Eyes y pousse des hurlements de folie qui ferait passer Max Cavalera pour Lilly Allen. Sur The Driller une basse souterraine et caverneuse nous plonge un peu plus dans la démence, avant que les dernières déflagrations de Leper War et Untitled ne viennent déployer une rare force destructrice dont on ne sortira pas complètement indemne.

A part peut-être quelques disques comme "They Were Wrong, So We Drowned" des Liars, on n’avait pas entendu d’album aussi barré depuis pas mal de temps. Ainsi une certaine folie émerge de l’ensemble de ces morceaux noisy et expérimentaux, et en ces temps de monotonie dans la production musicale indépendante on apprécie d’autant plus l’audace d’un groupe comme Wolf Eyes. Toutefois, prévoir un disque de Claudine Longet pour se remettre de ses émotions.

Chroniqueur
  • Publication 288 vues13 décembre 2006
  • Tags Wolf EyesSub Pop
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La disco de Wolf Eyes