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Un album de sorti en chez .

Il faut bien l’avouer, on n’attendait plus grand-chose de Mirwaïs, désavoué même par Madonna, à qui il permit grâce à l’album ‘Music" de donner des lettres de noblesse à la pop commerciale en y insufflant ce qui faut d’expérimental. Mais c’était sans compter sur une rencontre tout aussi, sinon plus, explosive entre l’ex Taxi Girl […]

Il faut bien l’avouer, on n’attendait plus grand-chose de Mirwaïs, désavoué même par Madonna, à qui il permit grâce à l’album ‘Music" de donner des lettres de noblesse à la pop commerciale en y insufflant ce qui faut d’expérimental. Mais c’était sans compter sur une rencontre tout aussi, sinon plus, explosive entre l’ex Taxi Girl et la chanteuse libanaise Yasmine Hamdan, à la fois compagne du cinéaste palestinien Elia Suleiman et membre du groupe libanais Soap Kills, dont deux morceaux figurent sur la bande originale du film "Intervention Divine", de ce même Suleiman. Mirwaïs lui a confié un titre pour peaufiner cette bande son hallucinante. La boucle étant bouclée, place à la collaboration proprement dite.
 
Mirwaïs et Yasmine Hamdan se sont mis d’accord sur l’objectif de l’album, un savant dosage entre de la dance électro-pop occidentale et l’apport de la langue arabe. Exaspéré par la vision réductrice et folklorique véhiculée par la world music, Mirwaïs a insisté pour que son album sonne le plus moderne possible. Tentant le pari impossible d’enflammer les pistes de danse du Caire et de Los Angeles, il a réussi également à éviter l’écueil de la pop commerciale trop facile, juste bonne à alimenter les bandes FM. Cet exploit tient à deux choses, d’une part sa musique, recherchée dans les moindres recoins, d’autre part la voix envoûtante de Yasmine Hamdan, qui signe la plupart des textes. Ceux-ci aussi bousculent les idées reçues, évoquant l’amour, le sexe, la séduction, le dépit amoureux, tous ces thèmes sans cesse rabâché par la pop occidentale, mais jugés tabou par les tenants de la doctrine intégriste. Les préjugés occidentaux en prennent aussi pour leur grade.
 
Et puis comment ne pas s’inviter au déhanchement à l’écoute des bombes dégoupillées, telles que Get It Right et Yaspop. On a rarement entendu de tels morceaux de cette puissance. Le timbre de Yasmine Hamdan est langoureux, et fort heureusement elle n’est jamais vulgaire et elle ne cherche pas à imiter ses consœurs anglophones. La musique de Mirwaïs est synthétique, mais par ci, par là, apparaît une guitare, notamment au début de Oloulou et Azza. Ce morceau est exquis, le phrasé saccadé de Yasmine Hamdan se mariant à merveille aux beats hypnotiques. Et que dire de Coït Me, traversé par des nappes de synthés ? Tout comme le sublime Fax, il instaure une sorte de spleen dans la danse, comme savent le faire si bien les géniaux Poni Hoax, et ça, ce n’est pas rien. Sur Ma Rida, Yasmine Hamdan se lâche, et sa voix se fait aérienne. Il y a aussi des titres plus intimistes, comme le beau Gamil, ou encore Mahi. Le rythme donne le ton, mais il se fait discret, ne cherchant pas à dominer le chant. Celui-ci est carrément malicieux sur A-Man.
 
Erigeant la langue arabe au sommet des langages les plus sensuels, faisant du Moyen-Orient la plaque tournante d’une pop arabe libérée et décomplexée, et surtout sexy en diable, Mirwaïs et Yasmine Hamdan infligent une sacrée gifle à tous ceux qui s’obstinent à mijoter dans leurs pensées étriquées.

Chroniqueur
  • Publication 441 vues15 juillet 2009
  • Tags Y.A.S.Universal
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