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Interview de NASTYJOE

Interview de NASTYJOE

On a du mal à écrire quand tout va bien, et la  musique a toujours eu un côté exutoire pour nous.

NASTYJOE vient de sortir son premier album : The House.

On prend donc quelques minutes pour discuter avec le groupe de ce disque, de Bordeaux, et de charentaises.

Ça y est, l’album est disponible ! Quel est le sentiment qui prédomine en ce moment ? La peur,  l’excitation, autre chose ?

Oui ! On est très contents qu’il soit dans la nature.

Comme l’enregistrement remonte à novembre 2024, on a eu le temps de se préparer à ce qu’il ne nous  appartienne plus complètement, d’autant plus qu’il est pour nous un instantané de cette période. Je pense  que le sentiment dominant, c’est qu’on est excités de pouvoir le faire vivre en live et, en même temps, on est  contents de commencer à se pencher sur la suite.

Vous venez de Bordeaux, comme beaucoup de groupes qui cartonnent en ce moment (ma dernière  ITW était avec Violent Sadie Mode…). Est-ce qu’il y a quelque chose de spécial qui se passe là-bas ? 

C’est vrai que Bordeaux a toujours eu une grosse étiquette rock. On y est arrivés il y a quelques années et  on a tout de suite baigné dans une scène hyper prolifique. C’est hyper inspirant d’être entourés d’autant de  projets « rock » : on pense à Équipe de Foot, Opinion, Bilbao Kung Fu, Guu, Violent Sadie Mode, pour ne  citer qu’eux. Mais la scène bordelaise ne se résume pas uniquement au rock, heureusement : il y a aussi de  super projets comme Luca Ryo dans un style plus urbain, ou plus jazz comme Don d’Organ.

Êtes-vous en relation avec d’autres formations ? 

Complètement, on a beaucoup joué avec Bilbao Kung Fu en arrivant à Bordeaux, par exemple.  On est aussi copains avec Équipe de Foot, dont on a toujours beaucoup aimé le projet.  Globalement, on se connaît tous plus ou moins et on finit toujours par partager les mêmes scènes ou venir  se voir en concert, c’est ce qui est chouette.

Il y a un côté vraiment « cold » dans votre musique que j’aime beaucoup — qui me fait penser à  Motorama par exemple. Vous êtes-vous volontairement orientés vers quelque chose de « triste » musicalement ?

Haha, pas de façon consciente, mais c’est vrai que dès notre premier EP on abordait plutôt des thématiques  liées à la mort, à la psychologie et au repli sur soi. On avait l’impression de faire quelque chose d’un peu  plus solaire avec cet album, visiblement pas tant que ça (haha), mais c’est vrai qu’on a plus de facilité à  aborder des thématiques « tristes ». Musicalement, en revanche, les références de l’album étaient plus  tournées vers les années 80–90, d’où le côté cold.

En parlant de tristesse, quasiment tous vos textes commencent et finissent par une phrase au mieux  mélancolique, au pire funèbre. Vous ne voyez finalement aucun motif d’espoir ?

Mince, on n’avait pas fait attention à ça haha. Si, si, bien sûr : comme on le disait dans la réponse  précédente, on avait le sentiment de faire quelque chose de plus solaire sur l’album que sur l’EP. Je pense  que c’est parce qu’on va mieux aujourd’hui. Pour autant, on a du mal à écrire quand tout va bien, et la  musique a toujours eu un côté exutoire pour nous. C’est au contraire plutôt positif de pouvoir écrire ce qui  nous tourmente, une façon de se soigner un peu.

Beaucoup de choses chez vous tournent autour de la maison : le nom de l’album, son concept (un  morceau / une pièce / un état d’esprit), vos vidéos (avec des contre-pieds comme sur Worried For  You). Qu’est-ce que l’auditeur doit comprendre ? Que c’est juste un concept-album ?

Plus ou moins. C’est le titre éponyme qui a un peu défini tout ça. C’est le premier qu’on a écrit et il a un peu  orienté les thématiques qu’on voulait aborder. On a entre 28 et 32 ans, on avance dans l’âge, pour ne pas  dire « vieillir », et c’était aussi l’idée de se retourner et de regarder derrière nous ce qu’on a été, en  opposition à ce qu’on est aujourd’hui. La maison, c’est celle dans laquelle on a eu nos premières joies, nos  premiers chagrins : c’est plus celle de nos parents que le lieu où nous vivons aujourd’hui.  Ce qui a aussi appuyé le choix du nom de l’album et des titres, c’est le lieu où on a enregistré (Cryogène  Prod), qui est une ancienne maison. C’était chouette de fixer ces chansons dans cette maison, ça faisait une  mise en abyme qui nous plaisait beaucoup. Mais au-delà de ça, je pense que c’est aussi un disque sur notre  amitié, tous les quatre.

Et à propose de maison, comment préférez-vous vous mettre devant la TV pour y être tranquilles ?

Il y a deux teams : les charentaises et les claquettes-chaussettes haha.

Sinon en terme de programme, on avait beaucoup aimé la série Dark comme Severance et bien que ce soit  pas télévisuel, on est des grands fans d’Affaires Sensibles de Fabrice Drouelle qu’on écoute très souvent dans  le camion.

Une dernière chose : est-ce que vous pouvez nous recommander un groupe qui mérite un coup de  projecteur ? Et pourquoi celui-ci en particulier ?

Je pense que notre dernière grosse claque en projet récent, c’était Guu, qu’on citait plus haut. C’est hyper  jeune et à la fois super en place et super frais, avec une grosse énergie et une vraie DA dans l’imagerie, tout  en gardant un côté « on s’en fout » qui fait beaucoup de bien. On recommande fort, autant en live que sur  disque.

Pour écouter le nouvel album de NASTYJOE, c’est par là :

Et pour Guu, c’est juste ici :

Chroniqueur
  • Date de l'interview 122 vues 2026-01-23
  • Tags GuuNASTYJOE
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