Interview de Pilod
Pilod, trio de Leuven (Belgique) formé en 2010, est sans conteste une découverte majeure de la scène belge actuelle. « Sunny Forecast » nous emmène dans un monde semblant infini et où l’intensité n’a d’égal que le folk-rock mûrement travaillé et proposé par les Belges. Entretien avec Frédéric Baerevoets, leader du groupe, pour qui le DIY est une réalité, non seulement à la composition, à la production mais également en termes de marketing.
Pilod : d’où vient le nom ? Sa signification ?
Choisi pour le son du mot, peut-être parce que nous faisions à cette époque nos répétitions à Zaventem (ndlr : aéroport de Bruxelles National). Mais comme il y a déjà beaucoup de groupes avec un nom avec le mot Pilot, nous avons opté pour Pilot avec un d. Je trouve que cela nous ressemble. La musique, ce n’est pas si évident non plus.
Ensuite, nous avons constaté que le nom est un village en Inde (Rajasthan). Nous nous sommes dit que si nous pouvons faire un concert là-bas, ce sera notre dernier concert… Vu les 5 fans de Pilod, rien n’est impossible.
Comment s’est formé le groupe ?
Christophe et moi avons joué dans The Boy Outside. Avant de vraiment sortir quelque chose de ce groupe, le batteur nous a quittés. Nous avons réalisé des auditions et la bonne combinaison entre Christophe (basse) et Valérie (batterie) a déterminé le choix. Je connaissais Valérie depuis longtemps… Elle a chanté une fois avec moi et mon ancien groupe Nagorno Karabach lors d’un festival. Et par hasard, nous nous sommes à nouveau rencontrés…
« Sunny Forecast » : est-ce un clin d’oeil à la météo belge ?
Peut-être. Je crois que le titre permet aussi de garder l’équilibre. L’album est assez obscure, mais ce que nous attendons est positif. Nous ne sommes pas des personnes pessimistes, mais nous aimons cette atmosphère à la fois triste, mais aussi consolante. Le titre fait référence à l’espoir, parfois il faut uniquement attendre avec patience et donc l’album annonce des moments ensoleillés.
Votre style, que je définirais entre du shoegaze, du post-grunge et du folk moderne est-il le fruit de votre maturité musicale et/ou de vos influences ?
Honnêtement, notre musique vient tout droit du cœur. Elle est très spontanée et intuitive. Nous suivons uniquement l’idée que notre musique doit essayer de toucher les gens, parfois même essayer de les émouvoir (sans que cela ne devienne pathétique). La musique doit créer une atmosphère Pilod. Mais nous reconnaissons qu’il y a des influences de groupes comme Blonde Redhead, Arab Strap, Black Heart Procession, Sonic Youth, peut-être même Broken Social Scene et The Notwist. L’atmosphère est souvent triste, mais en finesse. Finalement pour répondre à ta question… Oui, je crois que nous avons atteint une maturité musicale. Nous comprenons plus vite ce qui marche. Nous osons jeter plus vite certaines idées et nous travaillons aux chansons jusqu’au moment où nous sentons que c’est bien cela que nous voulions.
Deux de vos prochains concerts se font à Lille, votre notoriété grandissante en est-elle la raison ? (ndlr : où moment de la parution de l’interview, il n’en reste plus qu’un…)
Nous avons débuté les concerts de Pilod à Lille fin 2011 (Bloom’s café et Le Biplan). La ville est grande, fascinante, pas trop loin de chez nous et surtout, c’est une ville avec du caractère. Nous avons eu des bonnes chroniques dans des magazines français, en particulier sur mowno.com. Les commentaires élogieux nous ont incités à retourner à Lille pour y présenter notre album. Nous essayons en même temps de tisser des liens via les réseaux avec des groupes de même style du Nord de France, et donc de ne pas regarder aux frontières (linguistiques). Le but est finalement de joindre un public qui apprécie notre musique, pourquoi dès lors ne pas passer des frontières ?
« Sunny Forecast » se trouve sur le présentoir de Bilbo Records (ndlr : disquaire à Leuven) en tant qu’artiste local mais pas dans son catalogue en ligne, devez-vous vous imposer pour avoir de la visibilité en terme de marketing ?
Ce disque est complètement DIY, on a enregistré nous–mêmes le disque, jusqu’au point où nous en assurons la promotion et actuellement, nous distribuons notre propre musique. A ce stade nous n’avons rien à imposer, mais encore tout à prouver et gagner. Peut-être que cela changera pour le deuxième disque. Pilod se fait découvrir et sort de l’ombre, via des chroniques, mais surtout via des concerts.
Avant la sortie du disque, il y avait très peu d’informations sur Pilod. Les trois concerts à la FNAC nous ont probablement aidés à promouvoir notre musique, mais c’est uniquement parce qu’il y a des personnes de la FNAC qui apprécient notre musique…
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