"> Les Femmes S'en Mêlent - Indiepoprock

Les Femmes S’en Mêlent

Les Femmes S?En Mêlent, festival de la scène indépendante féminine internationale passe par Saint-Lô (50) pour sa 8ème édition. Les groupes ne sont pas entièrement constitués de filles et on pourrait parfois se demander ce qui justifie la présence de certains d’entre eux? à part le fait que le micro soit tenu par une fille.

Tout droit venu d?Angleterre, Help She Can?t Swim entre en scène face à une petite centaine de personnes. Leur rock, le plus Riot de la soirée, rappelle un peu Le Tigre mais plutôt Sonic Youth dans ses influences… La seule fille du groupe se trouve derrière le micro en mini jupe sur pantalon, un petit air de punkette pop, pas très souriante. Elle fait des ronds sur scène en s?excitant sur des titres les plus enjoués dont une nouveauté qui s?avère être des plus efficaces. Mais le public n?a d?yeux finalement que pour le guitariste, dont le jeu de scène est assez impressionnant. La demoiselle, au fur et à mesure, finie par se dérider un peu et l?on peut alors apprécier pleinement cette power pop.

Les musiciens de First Floor Power assuraient le dernier concert de leur tournée française. Même si la fatigue se fait sentir, la chanteuse s?excusant d?ailleurs pour sa voix brisée, ils sont heureux d?être là et le répètent tout sourire. Leur joie est communicative, leur musique donne envie d?allumer un feu de camp et de chanter avec eux leurs chansons à la pop lumineuse et envoûtante. Les frangines frangées, chemises à carreaux ambiance hippy-chic, alternent guitares et claviers en laissant parfois les ch?urs à leur charismatique clavier Wingyist. Les suédois et leur pop qui n?est pas sans rappeler celle de Belle and Sebastian font l?unanimité mais ce n?est pas cela qui va faire transpirer le public?

Arrive alors Metric, qui donne enfin un sens au festival : le groupe, révélé dans le film « Clean » d?Olivier Assayas est mené par la délicieuse Emily Haynes qui entre sur IOU en mini robe noire et escarpins roses. Elle a une présence incroyable, ses mouvements sont sensuellement robotisés, elle se fige sur le rythme. Alors inévitablement un jeune homme s?écrie « à poil », elle ne relève pas? mais quand un autre demande « la 4, elle est bien » (il n?a pas tort d?ailleurs, Combat Baby est magistralement interprétée), Emily soupçonne quelque chose de salace et rappelle qu?aujourd?hui ce sont les 60 ans du droit de vote des femmes en France ! La première également à titiller le public sur son attitude passive : « moi aussi je vais faire une chanson les bras croisés ». Mais merci, elle ne le fait pas, elle interrompt Dead Disco, qui prend une note électrique. Elle est complètement déchaînée. Le public rappelle Metric (fait assez rare il faut le signaler) mais le groupe n?a pas le temps de revenir, les conquis devant se contenter de trouver l’album. Un roadie explique d?ailleurs qu?il ne faut pas acheter « Old world Underground, where are you now? » en magasin car le groupe a des problèmes avec son distributeur. Ruée donc sur ceux proposés sur place puisque le public l?a décidé : Combat Baby sera la reine des futures fêtes des fans d?Emily jolie.

50 Foot Wave passe en dernier. Kristin Hersh, en ancienne Throwing Muses, se met à la guitare électrique. Le trio a un style assez sombre, collant à la personnalité de sa chanteuse. Celle-ci, connue pour ses troubles schizophrènes, maîtrise pourtant ce soir son trio de main de maître : batteur et bassiste accompagnent de manière musclée son rock abrasif. Voix rauque et guitare hurlante, elle livre avec son groupe un concert énervé contre un public fantôme… En effet une maigre vingtaine de personnes est là pour les applaudir à la fin du set. C?est aussi le risque de l?éclectisme du festival, le public ne s?était pas préparé à voir un groupe jouer si fort et être autant en colère. Finalement chacun repart : « Dead disco, dead funk, dead rock?n?roll » en tête. Mais les femmes ont fait sans aucun doute leurs preuves, sans rentrer dans des clichés féministes ni évincer les talents de leurs musiciens masculins, qui n?étaient pas, eux non plus, venus là pour faire de la figuration.

Chroniqueur
  • Publication 171 vues29 avril 2005
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