">
Le label Kicking Music fête ses 20 ans. Le bel âge pour se lancer dans une tournée avec une bonne partie de ses groupes phares. C’est à Rennes que le festival a fait étape les 2 et 3 octobre derniers. Petit retour sur la seconde soirée.
Quatre formations sont au programme du samedi soir.
C’est Bad Bad Bird qui a l’honneur de lancer la soirée, devant un parterre plutôt clairsemé (la salle va se remplir au fur et à mesure que la soirée avance). L’album « Si Brutal », sorti l’an dernier, étant un gros coup de cœur, c’est avec grand plaisir que je me colle au premier rang. Et la soirée se lance sur les chapeaux de roue. Le groupe (passé en co-interview dans nos pages il y a quelques mois) se lance, sans avant-propos dans sa discographie, encore assez courte, mais suffisante. C’est vivant, rapide, et en français s’il vous plait. L’album est joué en quasi intégralité, plus deux morceaux sortis entre temps. Madeleine, front-girl énergique et amusante, n’hésite pas à communiquer avec le public. « Je ne fais que des chansons d’amour, donc j’espère que vous avez un cœur en Pimousse derrière vos t-shirts de punks ». La réponse est évidemment OUI !
Jetsex prend ensuite le relais (avec, entre chaque concert, des équipes ultra-rapides pour effectuer les changements de matériel). Je découvrais le groupe, qui lui aussi chante en français. C’est plus punk, moins pop, mais l’énergie est toujours là. Le chanteur est aussi pour beaucoup dans la prestation. Avec ses mouvements peu académiques et ses intermèdes biens sentis, la communion groupe / public se fait naturellement. Et encore plus lorsqu’il partage sa bière façon tuyau d’arrosage avec le premier rang.


J’attendais Not Scientists tout aussi fébrilement que Bad Bad Bird. Leur avant-dernier album, « Staring at the Sun » (2023), m’avait fait découvrir une formation qui associe le punk, la new-wave et la pop de façon assez admirable. Sans se perdre dans les références ou privilégier un style ou l’autre, ils réussissent à produire une musique qui traverse littéralement les âges. Et la scène rend parfaitement honneur à leurs compositions. C’est ciselé, fin, le chant est parfaitement placé.



La grosse claque de la soirée restait à venir. Les Sheriff, c’était visiblement le groupe que tout le monde venait voir. Toute le monde ? Non, car quelques non-initiés, dont je faisais partie, avaient à peine eu le temps d’écouter leur discographie en préparant le festival. Il est maintenant clair que voir Les Sheriff en concert est une expérience que je recommanderai. Le groupe, composé au début des années 80, a déjà eu 1000 vies. Formé, déformé, reformé, les cinq justiciers ne sont pas des lapins de six semaines. Et sur scène, cela se voit. Mise en place bien calée, riffs ravageurs, refrains (ou devrait-on dire « slogans » ?) repris en chœur (même par moi après une seule écoute). C’est tout simplement imparable.




Donner du baume au cœur. C’est un peu la sensation qui prévaut quand on repense à cette soirée. Chaque formation, au delà de la fête d’anniversaire qui était le prétexte, a fait ce qu’il savait faire de mieux. Transmettre une certaine forme de joie, via la musique. Une joie qui se partage on ne peut plus facilement, en allant tout simplement pousser la porte d’une (magnifique) salle de concert.