"> Blonde Redhead @ Le106 – 23 septembre 2014 - Live Report - Indiepoprock

Blonde Redhead @ Le106 – 23 septembre 2014


Jamais l'underground n'a eu autant de grace.

La verve artistique de Blonde Redhead n’est plus à présenter, auteurs d’autant de bijoux que de secondes passées en studio, le trio écume depuis de longues années nos platines. La pureté de leur son ou de leurs mélodies si atypiques pouvait faire craindre des prestations scéniques en deçà, trop geek de leur identité musicale qu’ils seraient. Mais à l’image d’un Portishead undergound, on ne se faisait pas trop de soucis à juste titre, forcément.

Devant un public scandaleusement clairsemé, les trois compères ouvrent le bal avec leurs nouvelles compositions, celles de l’excellent Barragàn. Bien que l’album ne manquait pas de subtilité, d’une foultitude d’arrangements uniques et d’une précision d’orfèvre, sa version live semble exacerber tous ces éléments. Et pourtant, à voir les déhanchements hypnotiques de Kazu, ou la prestance d’Amedeo et Simone, on est loin des attitudes clichées d’intellectuels autistes, c’est charnel et distant à la fois, une vraie merveille de finesse et de justesse.

Le concert s’agrémentera  également, bien entendu, d’un passage en revue arbitraire de leur discographie riche, faisant la part belle à 23 notamment. Ces incartades heureuses emporteront l’adhésion instantanée du public assez restreint pour n’être composé que de fans. De plus, tout cela donnera lieu à des univers qui s’entrechoquent comme quand le survolté Spring And By Summer Fall viendra s’immiscer entre deux titres « sonic youthien » sous prozac. Le final sur le titre 23 finira de nous achever devant tant de classe.

Voilà ce qu’est un concert de Blonde Redhead, c’est troquer son nounours contre un cristal froid et coupant, et câliner cet objet  pur, beau, mais furieusement déstructuré et dangereux  en éprouvant un bien-être des plus étranges. Avec ces génies on baigne dans l’oxymore, la thèse et l’antithèse qui s’expriment en parallèle, dans l’image mentale et la métaphore constante. Une nébuleuse poétique tenue par la voix forte et fluette, toujours en bord de rupture de Kazu, les guitares et voix virilement sensuelles d’Amedeo et la batterie de Simone qui semble n’être jamais là,

Qu’un bluesman sublime ses productions sur scène, rien d’étonnant (ce qui n’est pas péjoratif). Par contre, voir ces chantres de la mélodie dissonante, des arrangements complexes ou des rythmiques déstabilisantes, magnifier à ce point leur travail de fourmis avec une telle grâce, celle qui donne l’impression que tout est simple et naturel, et bien c’est un vrai don du ciel, messieurs, dames!

 

Webmaster
  • Publication 469 vues29 septembre 2014
  • Tags Blonde Redhead
  • Partagez cet article
  • Pas de concert en France ou Belgique pour le moment