"> Mo'Fo - Indiepoprock

Mo’Fo

Troisième et dernière journée de ce Mo?Fo 2006, marquée par l?enjeu hautement sportif des concerts (la France joue son quart de finale de Coupe du Monde à partir de 21H). On commence en douceur par la prestation de Rivkah, jeune artiste française qui chante en anglais de petites ballades frêles et mélancoliques. Au chant et au clavier, puis accompagnée à la guitare par David Ivar Herman Düne, elle nous livre un concert intimiste et touchant.

Changement d?ambiance pour le concert de Tahiti Boy & The Palmtree Family. Musicalement éclectique, ce groupe a la faculté de varier intelligemment les climats et les rythmes au sein d?un même morceau. Tahiti Boy, accompagné par sa Palmtree Family, parmi laquelle figure Syd Matters, Choc et Poney Poney, écrit et joue de jolis et légers morceaux pop très arrangés (servis par des paroles un peu édulcorées). L?apport d?un violoncelle et d?une flûte traversière donne par exemple une petite touche d?originalité à l?ensemble. Une bouffée d?air frais.

Que Frances Mc Kee et sa pop fragile nous pardonnent, nous n?avons pas résisté à l?appel patriote de notre onze tricolore aux prises avec la sélection brésilienne. C?est ainsi que nous sommes allés soutenir d?autres artistes, ceux du ballon rond, dans une salle voisine, comme bon nombre de spectateurs scandaleusement égoïstes.

Aux commandes de Zombie peu avant la mi-temps, il y a Etienne Jaumet aux synthés, et Néman (batteur de Herman Düne) aux percus. Leur gros son électro vintage, synthétique, assez sombre et très dansant est bastonné devant un public hyper enthousiaste. Rien à redire, c?est tellement bon qu?on en oublie nos mains moites et nos pieds qui boitent.

Eugene Kelly défend avec courage un folk sans prétention. Seul à la guitare acoustique, il enchaîne des titres un peu lisses mais sincères et mélodiques, devant une salle semi-déserte et? semi-indifférente. On ne sait d?ailleurs si c?est la perspective de la réunion toute proche des Vaselines ou une aversion pour le gazon allemand qui retient une partie du public aux côtés de Kelly. Pour notre part, malgré toute l?estime que nous portons aux héros noisy-pop Ecossais, nous sommes allés fêter le plat du pied salutaire de Thierry Henry. A notre retour au coup de sifflet final, le court set des Vaselines prend malheureusement fin.

Turzi profite donc d?un public plus conséquent et fait valoir de sérieux arguments. Une musique atmosphérique et dense qui se révèle exigeante, mais les Parisiens relèvent le défi et parviennent à retenir l?attention de l?audience. Elevés au biberon du krautrock et du post-rock, ils imposent un univers hypnotique et angoissant. On regrettera tout de même de n?avoir pu apprécier ce show à sa juste valeur, à cette heure de la soirée et après ce débordement d?émotions extra-musicales.

En clôture du festival, Yaya Herman Düne parvient lui à nous extraire du contexte footballistique. Le plus grand et le plus jeune des deux frères Herman Düne (le critère pileux ne permet pas de les distinguer, leur barbe étant de taille équivalente) nous sert une bonne paire d?historiettes folk, toujours aussi franches et savoureuses. Habitué des lieux, l?homme est à son aise au Mo?Fo et glisse au passage une composition de son groupe, With A Fistful of Faith. Secondé sur quelques titres par le chant de Rivkah, le cadet des Dünes s?offre même le luxe de jouer un rappel, composé de reprises des Bee Gees et de Jonathan Richman.

Une bien belle conclusion, sans détour ni effets de manche, au diapason de ce festival authentique et iconoclaste.

Lire le live report du 29 juin (1/3).
Lire le live report du 30 juin (2/3).

Par Tilda et

Chroniqueur
  • Publication 168 vues1 juillet 2006
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