"> Soirée Nouveau Rock Français - Indiepoprock

Soirée Nouveau Rock Français

A quelques jours de la sortie de la compile du Nouveau Rock Français (Chronowax/V2), la bien nommée Mains d?Oeuvres accueillait 8 des 22 groupes retenus pour porter l?étendard de cette galette tant attendue. L?hexagone cache de bons groupes de rock et il est temps de le prouver et de leur donner leur chance, voilà le propos alléchant qui nous attire à cette soirée.

Les festivités commencent vers 18h30 avec Blutt, trio de quarantenaires, qui offre un set punk, sans grande conviction, mais propre et efficace. Il faut reconnaître que c?est une bonne intro à la soirée, une sorte d?hommage à Téléphone ou aux Dogs.
Arrive ensuite DV Lagadam Smack the Tarmak, duo guitare/batterie qui part dans une jam session blues rock, où la technicité prend le dessus sur la cohésion. Il faut tendre l?oreille pour entendre le chant guttural du guitariste dans ce gros son. Idéal pour boire une bière et lire les annonces des prochains concerts, ce set ne relève pas l?ambiance de la salle.

On attend donc la suite avec impatience : Boy from Brazil. Pantalon vinyle, chemise satinée, chaussures à talons, lunettes de soleil, le gaillard se lance dans un show glam rock devant un écran vidéo où passent des clips kitsch. Le concept sexabilly électronique, comme il le décrit lui-même, est intéressant et les compos énergiques, parfois entraînantes même si les gesticulations du chanteur fatiguent vite le public. Un entracte : après 5 min d?appels inaudibles en anglais à la voix de Dark Vador, Boy appelle Alphonse, le lecteur DVD ne marche plus, ça casse un peu le mythe et comme il faut plus de temps pour changer un DVD qu?une corde de guitare, on a droit à une pause de 20 min au milieu de ce carnaval. Le show reprend et s?enfonce dans le ridicule, Boy dévoilant son look de garagiste tatoué, déguisé en singe et se roulant par terre. Il a de la place dans la salle car le public indulgent a préféré sortir plutôt que de jeter des cannettes.

Après une brève pause, les Mono Taxi prennent place. Groupe moitié anglais, moitié français, ces 4 jeunes (les plus jeunes de la soirée) ont vite fait de séduire le public avec leur rock garage. Menée par la dynamique Ellice Williams au chant (qui tient aussi le clavier), le groupe témoigne d?une expérience efficace sur scène et enchaîne bien ses compos aux influences Velvet. La prestation est parfaite mais trop courte, le public en redemande.

Plongeon dans les sixties, les Men in the Moon prennent la suite. Light show, guitare frénétique, clavier affolé, stylophone, leur rock psychédélique convainc rapidement, malgré quelques petits problèmes de sons. L?hystérie et l?impressionnant jeu de scène du chanteur (qui n?est autre que le chanteur des HushPuppies) donnent du crédit au set et fait décoller le tout. Sommet de ce revival, le groupe joue un morceau hommage aux Seeds (pour qui ils ont déjà ouvert tout de même) ambitieux mais réussi.

Sans transition, les Prototypes ont vite fait de sortir le public de sa transe sixties pour un rock festif bien franchouillard qui n?est pas sans rappeler les Wampas. La chanteuse aux faux airs de Dorothée se donne du mal pour occuper la scène pendant que ces compères cavalent derrière avec des compos assez simples. Prix de la Langue Française pour les Prototypes qui sont les seuls à faire un set entièrement en français, dont le titre Danse sur la merde que t?entends à la radio qui semble plaire.

Ensuite, c?est à Fancy de monter sur scène pour un concert assez surprenant où l’on ne s?ennuie pas un instant. Bien calé sur le chanteur à la voix criarde et aux allures de Jackson Five, le groupe joue vite et passe de la soul au heavy metal sans que l?on ne s?en aperçoive. Cela part dans tous les sens mais sans jamais se perdre. Du bon rock, une bonne prestation live. Comme pour souligner leur crédibilité, le chanteur annonce qu?ils sont aussi sur la compile CQFD des Inrocks.

Pour clôturer la soirée, c?est le duo The Magnetix qui s?installe : brunette élancée en short court moulant à la batterie et clone d?Elvis Costello à la guitare. Il ne leur faut que quelques accords pour offrir à la salle les premiers pogos gentillets, donnant l?envol aux verres à bière et autres projectiles disponibles. Guitare saturée, reverb à fond, batterie mal traitée à la limite de l?indécence, le groupe joue un rock abrasif, brut, à faire passer les White Stripes pour une chorale d?église. Plus le set progresse, plus ça joue vite, fort et désaccordé? le public en redemande et l?ingé son devra couper lui-même le son des amplis pour laisser nos tympans se reposer.

Après cet ouragan, les lumières se rallument et les gorilles en faction commencent le ménage : pas le temps de reprendre un verre pour discuter de cette soirée avec notre voisin, il n?y a plus rien et les invités surprises annoncés ne viendront pas. Le concert est fini, il est temps de partir. Le Nouveau Rock Français est généreux, on chope le dernier métro haut la main.

Chroniqueur
  • Publication 124 vues22 janvier 2005
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