Geisterfaust


Un album de sorti en chez .

Deux ans après le très remarqué « Black Earth »,sorti aux USA chez Ipecac, le quatuor allemand Bohren & der Club of Gore réalisent avec « Geisterfaust » (littéralement « poing fantomatique ») un album qui s’inscrit dans la logique des opus précédents, à savoir développer des atmosphères sombres et arides d’une lourdeur extrême, le tout desservi par une orchestration lente […]

Deux ans après le très remarqué « Black Earth »,sorti aux USA chez Ipecac, le quatuor allemand Bohren & der Club of Gore réalisent avec « Geisterfaust » (littéralement « poing fantomatique ») un album qui s’inscrit dans la logique des opus précédents, à savoir développer des atmosphères sombres et arides d’une lourdeur extrême, le tout desservi par une orchestration lente mais incroyablement souple, capable d’effectuer renversements et glissements mélodiques inattendus.

L’album s’ouvre en toute lenteur sur le traumatique « Zeige Finger » (20:28) qui s’écoule au fil de longues digressions mélodiques. La part belle est réservée aux sonorités nébuleuses du Fender Rhodes et du vibraphone, alors que les instruments à vent (tuba, saxo) sont quasi-absents. Le ton général est beaucoup moins « film noir » que « Black Earth » (quoique…) et davantage hypnotique. Le soin minutieux apporté à la réalisation d’une trame mélodique éthérée et moins évidente, qui ne s’écarte jamais de la régularité et la lourdeur rythmique entretenues par le tandem basse/contrebasse – batterie, accentue le sentiment de naufrage et d’anéantissement. « Mittelfinger » est une savoureuse descente en enfer, régulée par les pulsations sourdes d’une basse de 33 tonnes. Parfois quelques notes léthargiques et incongrues font échos au silence macabre qui règne ici en maître. La maturité du quatuor s’exprime à travers une sensibilité affinée et un toucher peu commun qui gagne encore en nuance. « Kleiner Finger », ballade jazz plutôt enjouée, ornée d’un saxophone nocturne, évolue sur un tempo un peu plus emporté, et clôture l’album avec élégance et fraîcheur.

Une éclaircie qui, peut-être, laisse présager une nouvelle orientation à suivre. En somme, les initiés sauront apprécier la subtilité de « Geisterfaust » même si « Black Earth » hante encore les bas fonds de leur conscience.

Chroniqueur

La disco de Bohren & Der Club Of Gore