IMG_1508

The Ballad Of The Runaway Girl


Un album de sorti en chez .

10

Une découverte pour beaucoup, mais déjà un accomplissement.

On ne va pas ménager de suspense : “The ballad Of The Runaway Girl” est un des meilleurs albums de 2018 et s’affirme comme un accomplissement. Car si, pour beaucoup, cet album sera celui qui leur permettra de découvrir Elisapie, sachant que c’est le premier de la Canadienne distribué par chez nous, que grâce en soit rendue à Yotanka, “The Ballad Of The Runaway Girl” est son troisième opus et c’est une artiste incontestablement en pleine maîtrise que l’on accueille en posant le disque sur la platine. Quatre titres suffisent pour plier l’affaire sans contestation : l’album démarre avec Arnaq, introduction parfaite et puissante avec une basse qui donne le tempo, une guitare et des cuivres dissonants, un refrain simple et évident qui donne envie de chanter en choeur et de dodeliner de la tête. Dans la foulée, Wolves Don’t Live By The Rule impose une écriture folk/pop racée, plus apaisée, une instrumentation foisonnante avec un petit côté lo-fi. Suivent ensuite deux merveilles, le cristallin et superbement chanté Rodeo (Yadi Yada), qui n’est pas sans rappeler Hope Sandoval, et le bouleversant Don’t Make Me Blue et son refrain lyrique qui vous serre la gorge à chaque écoute.

Evidemment, L’album ne tient pas à ces quatre titres et sa grande force est justement de ne montrer aucune baisse de régime. On pourrait vous faire un descriptif titre par titre, vous raconter les frissons que procure le bluesy Una, le plaisir intarissable de se laisser bercer par la guitare acoustique, le chant pur et la mélodie teintée de mélancolie d’Ikajunga, ou du morceau-titre. Mais, au-delà de la virtuosité d’Elisapie à glisser subtilement entre les genres avec à chaque fois le même bonheur, au-delà de la production impeccable qui fait la part belle à une approche directe qui met en valeur la richesse de l’instrumentation sans ostentation, “The Ballad Of The Runaway Girl” est un grand disque parce qu’il est entièrement habité par son auteure. Car derrière le titre quasi-autobiographique de l’album, il y a un destin, sinon banal, relativement classique : Elisapie est d’origine inuit et a grandi dans le Grand Nord, où immensité et vide finissent par ne faire plus qu’un. De là est né son désir de fuite d’un horizon qui, à défaut d’être bouché, n’offre guère de perspectives d’épanouissement. Et puis, une fois installée à Montreal, son point de chute, Elisapie a fini par être rattrapée par ses racines. “The Ballad Of The Runaway Girl”, c’est le résultat de ce parcours.

Mais, si l’air est connu, quand on obtient un album aussi réussi dans tous ses aspects, on ne peut que bénir la musique d’être là pour permettre à des artistes de la trempe d’Elisapie de transcender tout ce qu’ils portent en eux. “The Ballad Of The Runaway Girl” est à coup sûr l’album le plus attachant de cette année musicale, et même plus que cela.

 

Rédacteur en chef

Tracklist

  1. Arnaq
  2. Wolves Don't Live by the Rules (feat Joe Grass)
  3. Rodeo (Yadi Yada)
  4. Don't Make Me Blue
  5. Una
  6. Ikajunga
  7. Call of the Moose
  8. Qanniuguma (feat. Beatrice Deer)
  9. The Ballad of the Runaway Girl
  10. Darkness Bring the Light
  11. Ton vieux nom

La disco de Elisapie