Jack White - Boarding House Reach

Boarding House Reach


Un album de sorti en chez .

10

Jack White comme on ne l'attendait plus, voire bien plus loin.

White Stripes, Raconteurs, Dead Weather, carrière solo, producteur, chantre du vintage et membre fondateur de TIDAL, Jack White est un homme qui habite le paysage musical depuis de nombreuses années. Et Dieu sait que les mots nous manquent pour définir le poids notamment des White Stripes dans notre construction musicale. L’heure n’est pas au cours d’histoire, mais néanmoins, on peut tout de même appuyer le fait que depuis le début de sa carrière solo, M. White et son obsession du old school et de la country avait eu sérieusement tendance à nous perdre en chemin…

De fait, bien des artistes ont pris la place de Jack dans nos cœurs depuis longtemps. C’est à ce moment que Respect Commander et Corporation ont fait leur apparition  sur la toile. Et là, stupéfaction, un son et une approche de la rythmique totalement déconcertante, nouvelle à notre connaissance. Et donc nous voilà, toujours dubitatifs mais tout de même plus curieux de la nouvelle bête sortie de l’imagination de notre ami.

L’artiste présente l’opus comme son Frankenstein et l’image est belle et à propos. Sorte de créature difforme née d’un collage d’influences de toutes sortes, “Boarding House Reach” est une fusion volontairement imparfaite de toutes sortes d’approches du son mais surtout de la rythmique. Détail important, avant d’acquérir sa célébrité derrière une six cordes et un micro, Jack White est batteur de formation. Clairement, dans ce nouvel opus, l’accent est mis sur la (les) rythmiques, plusieurs batteries-percussions et/ou basses à la fois, avec une volonté expérimentale indéniable. On vous laisse juger de la folie furieuse générée par Ice Station Zebra qui va gentiment traverser nombre d’univers le temps de 4 minutes. Hip-Hop, Jazz, Funk, Rock, Metal, la liste est longue et peu pertinente.

Il va en indigner plus d’un ce disque, d’ailleurs ça a déjà commencé. Par sa démarche orgiaque, il laissera du monde sur le bas côté, mais on ne pourra plus jamais considérer que Jack White s’embourgeoise, et ça fait du bien aux fans de la première heure. Ce qui d’ailleurs pourrait sembler paradoxal pour un album où la voix est surtrafiquée, où les claviers occupent l’espace mélodique plus souvent que d’ordinaire avec le garçon. Mais ce que l’on retrouve ici, c’est cette envie d’inventivité, d’expérimentation, loin de prendre le pas, mais alimentée par l’énergie et la simplicité.

Nous avons attendu, échaudés que nous étions, pour vous dévoiler notre impression sur cette pépite. En effet, à la première écoute, on se dit, oui bon, c’est un peu fou fou, mais cela suffira-t-il sur la longueur à nous emballer ? Eh bien, nous pouvons vous affirmer, que c’est un bonheur de revenir sur “Boarding House Reach”. L’album est en quelque sorte un “Icky Thump” qui a vieilli, qui a mûri, s’est étoffé, on parle d’une approche similaire. Ce nouvel opus est une récréation sérieuse, un vrai délire personnel, avec Jack White plus chef d’orchestre que frontman. Il faudra, avant d’approcher la bête, s’attendre à une sorte de fourre tout électronique, jazzy, etc…, à des instruments de toutes sortes, et souvent en même temps, malgré de ponctuels morceaux plus conventionnels tels Connected By Love. On en viendrait presque à penser à Mike Patton par moments, tant cette fusion revêt souvent des airs presque théâtraux, sans pour autant enfreindre totalement les règles élémentaires de fluidité des morceaux. Le meilleur exemple de cette idée, et certainement le point d’orgue de l’album, Over And Over And Over nous aura littéralement scotchés à notre siège !

Comme précisé, certains n’accrocheront pas, c’est le propre de ce type de démarche, mais alors, pour les adeptes, c’est de la jouissance pure qui vous attend. Un vrai album culte, tellement plus que juste expérimental, tellement plus que juste rock ou blues. Bien que ce type d’image soit quelque peu faisandée, la tentation est grande d’évoquer un Zappa ou Beefheart du XXI siècle.

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  • Publication 9 655 vues26 mars 2018
  • Tags Jack WhiteThird Man
  • Titres recommandés Hypermisophoniac Ice Station Zebra Over and Over and Over Everything You've Ever Learned Get In the Mind Shaft What's Done is Done Humoresque
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Tracklist

  1. Connected By Love
  2. Why Walk a Dog?
  3. Corporation
  4. Abulia and Akrasia
  5. Hypermisophoniac
  6. Ice Station Zebra
  7. Over and Over and Over
  8. Everything You've Ever Learned
  9. Respect Commander
  10. Ezmerelda Steals the Show
  11. Get In the Mind Shaft
  12. What's Done is Done
  13. Humoresque

La disco de Jack White