carnivalofsouls

Carnival Of Souls


Un album de sorti en chez .

7

Méandres sonores et labyrinthes sans issue, Pere Ubu, ou l'art de se perdre au milieu de nulle part, l'endroit où on se sent le mieux.

Dans la famille ‘pas accessible’ je voudrais, le père, Pere Ubu! On pourrait même appeler grand-père Ubu ce groupe atypique notamment par son âge : 39 ans. Autant de printemps jalonnés de bizarreries musicales qui construisent une discographie clairement unique. Nouveau rejeton difforme de ce freakshow, “Carnival Of Souls” glorifie encore une fois le délire constant de ses concepteurs.

Ce qui caractérise en premier lieu l’opus qui nous occupe, c’est son goût sûr et prononcé pour la théâtralité. Les paroles sont déclamées à la manière d’un orateur qui, sous une lumière basse, raconterait une histoire pour faire peur aux enfants, et qui fait frissonner les grands. Les années ayant piétiné les cordes vocales de David Thomas, la force de son phrasé donne du poids à tout cela et pourtant une certaine distance, une once de mélancolie, conférant un pendant gothique à son intervention.

La partie instrumentale n’est clairement pas une mince affaire à présenter… Une grosse influence indus / noise préside aux destinées générales. Foisonnent de nombreuses sonorités dissonantes et saturées, avec un grain très métallique qui vient rayer les sillons. S’ils n’en restaient que là, ce serait simple, mais ce ne serait pas Pere Ubu. Pas un titre des neuf ne se résume à cela, les cassures sont amenées, à contre courant, par les instruments plus ‘nobles’. Flûtes, saxophones sont les éléments iconoclastes de la mélodie comme dans le magnifique Road To Utah, qui vient établir en deuxième position de la tracklist, comme un étendard de la démarche,  les “non bases” de “Carnival Of Souls”.

Et c’est quand on croit toucher du doigt la logique (ou non logique, vous aurez bien compris) de la conception que l’on se prend de plein fouet, ressentant presque de la violence dans l’acte, la ballade épurée toute en délicatesse Irene. Un arpège électrique des plus minimalistes et quelques bruitages aériens viennent soutenir un chant, pour du coup, habité et profond.

L’enchaînement qui suivra finira d’achever les dernières ruines de nos certitudes par un esprit de déconstruction ambiant, un vrai massacre en règle. Mais justement, c’est bien cela qui est le plus notable avec “Carnival Of  Souls”, le chaos semble être la règle, l’élément rassurant, les déviances, les touches dérangeantes de l’oeuvre viennent de ce qui d’ordinaire constituent nos références. Mais ne cherchez pas l’ordinaire, qui n’est pas le créneau de Pere Ubu, du moins ils nous le rendent aussi inquiétant que eux semblent le percevoir.

S’il ne devait en rester qu’un titre : Road To Utah.

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  • Pas de concert en France ou Belgique pour le moment

Tracklist

  1. Golden Surf II
  2. Drag The River
  3. Visions of the Moon
  4. Dr Faustus
  5. Bus Station
  6. Road to Utah
  7. Carnival
  8. Irene
  9. Brother Ray

La disco de Pere Ubu