"> - Indiepoprock

Voilà bien longtemps que je n?ai vu une queue aussi longue une heure avant l?heure indiquée sur billet de concert. 200 ? 300 ? 400 mètres ? On ne compte plus le nombre de personnes étonnées de devoir remonter cette file sans fin? Le Grand Rex revêt ses habits du dimanche et affiche complet pour accueillir la pop glorieuse de The Divine Comedy.
Un public de trentenaires remplit sagement la grande salle, s?installant dans de confortables fauteuils en cuir? alors que la scène est baignée dans une lumière mauve, cadre idéal pour un orchestre lounge un peu hasbeen, mais pas très indé?
Alors que ma voisine reprend en c?ur les « Sucettes à l?Anis d?Annie? » version France Galles, le public commence à s?agiter. La lumière s?éteint. Que le spectacle commence !

Neil Hannon apparaît, ayant retrouvé son bon vieux costume. Il est accompagné non plus par un groupe mais bel et bien par un orchestre d?une quinzaine de musiciens parmi lesquelles, on reconnaît, seul rescapé des aventures précédentes, le percussionniste. On trouve ainsi piano, guitare, basse, batterie, cordes et vents. Ainsi qu?une choriste tout droit sortie d?un bal de fin d?année d?une série américaine. Une très jolie robe?

Le set couvre l?ensemble du répertoire de Divine Comedy même si la prestation est entamée par différent titres du dernier album Billy Bird, le walkerien Living today ou Absent friend, également titre de l’album (chronique). Le son n?est pas au rendez-vous, les réglages sont ahurissants : beaucoup de batterie, des cordes inexistantes. Même si les choses rentrent progressivement dans l?ordre, on se dit que tant qu?à faire les choses en grand (et au prix de la place?), on se prend un bon ingénieur du son?

Il est un peu dommage de voir disparaître le côté le plus rock de Divine Comedy, Neil Hannon ne s?emparant de la guitare que pour de rares soli. L?orchestre semble parfois un peu brouillon, encore en rodage? Malgré tout, la sauce prend tranquillement, le public étant conquis par le charisme naturel de Neil Hannon.
Celui-ci invite un ami sur scène pour traduire la présentation du morceau suivant qu?il aurait retranscrit spécialement pour l?occasion. Chanson entendue dans une pension de famille bavaroise alors qu?il mangeait de la choucroute et qui s?avérait être le 78-tours préféré du propriétaire en culotte tyrolienne, d?un artiste des années 1920-30 au nom des plus obscures? Il nous assène en fait une très bonne reprise du No One Knows de Queens Of The Stone Age juste avant un véritable entracte. Soulagement pour les vessies, les fumeurs et les assoiffés !

Retour sur scène et le public se lève enfin mais pour ce qui apparaît comme un autre concert, comme si tout le monde avait enfin trouvé ses marques. Neil a enfilé une paire de lunettes noires et enchaîne les énergiques National Express, Generation Sex pour mieux tomber sous le charme de Songs of Love.
Il est alors rejoint sur scène par Vincent Delerm, pour la deuxième surprise de la soirée une lecture de « Je me souviens » de Georges Perec pour une version de The Booklovers qui restera sans aucun doute dans les annales. Vincent concluant sa lecture par : « Je me souviens de cet été passé à écouter en boucle cet album sur lequel figurait un homme avec des lunettes de soleil devant la pyramide du Louvre ».

Le reste n?est alors plus qu?une formalité, tout le monde trépigne et lorsque l?orchestre entame Tonight we fly, les applaudissements couvrent la musique. N?oublions pas non plus cette chanson (Charmed Life) pour sa fille « because? you know? she?s so cute? » dit-il dans un sourire de béatitude.

Deux morceaux en rappel et Neil Hannon remercie son public affirmant que c?est sans aucun doute l?un de ses meilleurs concerts. On veut presque le croire, en tout cas sur la deuxième partie.

Chroniqueur
  • Publication 154 vues29 avril 2004
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