On a aussi écouté My North Eye – 6
Le 6ème album de My North Eye, creuse invariablement le sillon d’une dark folk hantée, ou plus justement habitée. On y retrouve cette proximité avec la musique de Dylan, ou de Leonard Cohen. Mais, on y retrouve surtout ces profondes inflexions vers une noirceur paradoxalement apaisante.
Cette lenteur traversée de bruits et de grincements inquiétants a quelque chose de viscéralement hypnotique. De presque incantatoire, provoquant un état à la fois extatique et mélancolique. C’est d’une beauté impressionnante, à contre-courant d’un temps obsédé par les effets et la vitesse.
On croise parfois le fantôme de Vic Chesnutt, et cette volonté de faire de la peine un matière artistique, loin de toute complaisance.
Ce cafard est lumineux, sublimement mélodique, et résonne tellement à nos accidents intimes. Ce « petit garçon qui se prenait trop au sérieux, se vantant de son malheur et qui aimait vivre dangereusement », ce pourrait être soi. Son écho devient universel, et guide littéralement vers une autre lumière, autrement plus douce. Douce, mais remplie de tous les fantômes, de toutes les blessures, de toutes les tristesses que l’on trimballe.
Et de pouvoir faire de ses cicatrices, et de la solitude, un parcours dense et complexe. A l’instar de cette musique qui happe, et nous parle.
- Publication 701 vues22 octobre 2025
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