On a aussi écouté Tentative – La Fille Pharmacie
Tentative, dont on aime tant la musique inclassable, éternelle champ d’expérimentation et de fantaisie, revient avec « La Fille Pharmacie ». Œuvre d’art totale proposant, dans un geste affolant de créativité, un film et sa bande-son. C’est sidérant d’ambition. Le film expérimental et le disque constituent, évidemment, une unité indissociable, tissant des liens esthétiques à la beauté étrange.
Charlie Perillat et Cyril Pansal – Maman Küsters -, à l’écriture de ce film, révèlent un monde fantastique, où la noirceur se mêle à l’absurde. Sa réalisation, par Charlie Perillat, éclaire, sans le moindre doute, une cinéaste assez prodigieuse. On évitera le jeu des références, pour se focaliser sur cette histoire aux confins du surréalisme et d’une folle imagination. C’est génialement bricolé, beau à couper le souffle, décadent. On retrouve, dans ce cabaret gothique, les visions de Tim Burton et celles du génial « Tiresia », chef d’oeuvre de Bertrand Bonello.
On retrouve aussi la poésie que les deux artistes livrent parfois sur le site Les Cosaques des Frontières. Ces jeux textuels faisant exploser les conventions littéraires. Cette absurdité splendide explose ici, au profit d’une histoire qu’il ne faut pas déflorer – voir le film est une obligation salutaire -.
La musique, elle, est à la hauteur de ce déluge visuel, de cette extravagance à la noirceur sous-jacente. Composée par Saxa Goth – La Femme -, elle offre une plongée coldwave – parsemée de clins d’œil à Lynch, mâtinée d’énergie punk – parfaitement en phase avec un imaginaire ambivalent.
Elle accompagne et porte cette histoire, sa figuration visuelle, au paroxysme de son étrangeté. Inquiétante et dansante, pleine de songes pouvant virer aux cauchemars à la moindre embardée.
Tentative signe une œuvre majeure, qui a l’élégance d’une sophistication joyeusement triste. Ou d’une tristesse pleine de joie.
- Publication 372 vues19 février 2026
- Tags Rideau Records
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