Troisième album pur le groupe de Hull, qui confirme son virage electro.
Les Anglais de bdrmm sont toujours assez discrets en France en dépit des louanges constants qu’ils reçoivent outre-manche, même si leur succès reste là-bas aussi une affaire avant tout d’amateurs de pop indé et tout ce qui gravite autour. Le groupe de Hull, en deux albums réussis s’est ainsi taillé une jolie place dans le paysage du shoegaze, sans en bousculer les codes, mais sans non plus faire de surplace ou d’académisme pur. Ainsi, après un premier album largement porté par les guitares, « I Don’t Know », leur second opus paru en 2023 avait ébauché une ouverture vers des sonorités electro, démarche assez classique chez les tenants du genre depuis quelques années maintenant. Dès l’entrée dans « Microtronic », on obtient la confirmation que le groupe mené par Ryan Smith fait preuve d’un certain pragmatisme en poussant le curseur un cran plus loin vers cette mutation. Au point que sur l’introductif goit, Ryan Smith cède même la place au chant, ou disons plutôt sur quelques mots parlés, à Syd Minsky-Sargeant de Working Men’s Club.
La suite de l’album poursuit cette dialectique mais bdrmm ne se transforme heureusement pas en ersatz de revival Madchester mais propose une évolution tout en douceur et élégance. John On The Ceiling est un beau titre pop, Infinity Peaking une belle ballade atmosphérique aux arrangements subtils. Parallèlement, ce qu’on a pu reprocher au groupe sur ses albums précédents, c’est précisément d’adopter une démarche purement pragmatique au détriment de davantage d’audace et de tomber parfois dans des schémas trop évidents ou corsetés. Cette fois, sur des titres comme Snares ou Clarkycat, on sent une volonté d’aller vers des dynamiques plus triturées, le second titre nommé s’offrant même une bifurcation en milieu de morceau vers un côté trans soutenu par quelques éléments organiques pour une belle synthèse entre les pôles de la musique de bdrmm. A quelques occasions toutefois, notamment sur In The Electric Field, on reste dans un schéma semi-planant légèrement lymphatique un peu trop facile et trop souvent entendu dans le shoegaze. Mais, globalement, « Microtronic » est un album convaincant, avec de vrais très bons moments, à même de nous convaincre que bdrmm est une valeur sûre à suivre de près.
- Publication 1 040 vues6 mars 2025
- Tags bdrmmRock Action Records
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