"> Darkstar - Civic Jams - Indiepoprock

Civic Jams


Un album de sorti en chez .

9

Cinq ans que le duo discret de l'electro anglaise n'avait plus fait parler de lui.

Darkstar est un duo qui fait son chemin, à son rythme, dans une relative discrétion, pour ne pas dire plus. Un duo classé dans l’electro, signé chez Warp depuis leur second album, ce qui fait sens, mais séduit avant tout par une approche libre et intelligente. « Foam Island », leur dernier album en date, paru en 2015, était ainsi un beau document sonore qui allait au-delà du simple disque qu’on se passe nonchalamment puisqu’il se donnait pour but d’ausculter l’état de la jeunesse anglaise. Entre les morceaux, on y entendait ainsi des confidences d’ados et jeunes adultes souvent désabusées, sans pour autant que le propos vire à l’aigreur. « Foam Island » portait bien son titre et, sachant qu’on était alors à un an du vote sur le Brexit, rétrospectivement, on mesure à quel point Darkstar avait eu du nez et on est un brin fiers d’avoir couvert l’album de louanges à sa sortie.

Pour autant, Darkstar n’avait aucunement l’intention de devenir un groupe politique ou politisé, d’autant plus que, depuis 2015, d’autres groupes, plus portés sur les guitares, se sont chargés de surfer sur le constat qu’ils avaient posé et ses conséquences. Sans surprise, « Civic Jams » renoue avec une forme plus classique, du moins non conceptuelle. On sent également dès les premières notes, ou en tout cas après le purement introductif Forest un besoin de revenir à quelques bases dubstep et à une approche plus « dansante » de l’electro, dont ils s’étaient éloigné après leur premier album. C’est sous cet angle que des morceaux comme 30, porté par la voix de Laura Groves, ou le quasi-instrumental Tuesday doivent être pris. Mais, c’est un fait qui ne date pas d’aujourd’hui, les artistes estampillés electro qui ont cessé d’éditer des mixtapes au kilomètre ou de multiplier les remixes pour adopter la forme de l’album ont tous irrémédiablement quitté le dance-floor pour évoluer vers plus d’expérimentation parfois, chercher à imposer un véritable songwriting souvent.

En cela, « Civic Jams » est une intéressante tentative de concilier une sensibilité, sinon dansante, au minimum « ondulante » (difficile de choisir un terme approprié) avec une écriture soignée, à l’ambiance doucement mélancolique et nocturne. Et, à ce jeu, Darkstar réussit quelques pépites, les très beaux Text et 1001 en tête. Et Darkstar, avec la même discrétion qui les caractérise, délivre un nouvel album plein de grâce et de propos. Rien de tapageur ou de ronflant, juste de l’élégance. Si on dit que « Civic Jams » est un disque intimiste, on ne sera pas tout à fait dans le vrai et le risque est qu’il soit catalogué comme un album ultra-dépouillé et lent. Disons plutôt que c’est un disque qui s’écoute, au sens premier du terme, tout simplement.

Rédacteur en chef
  • Publication 305 vues24 juin 2020
  • Tags DarkstarWarp
  • Partagez cet article
  • Pas de concert en France ou Belgique pour le moment

Tracklist

  1. Forest
  2. Jam
  3. 1001
  4. 30
  5. Wolf
  6. Loon
  7. Tuesday
  8. Text
  9. Blurred

La disco de Darkstar

Civic Jams9
90%
Foam Island9
90%

Foam Island

News From Nowhere
0%
North
0%

North