"> Elvis Perkins - In dearland - Indiepoprock

In dearland


Un album de sorti en chez .

Il y a deux ans, Elvis Perkins avait relevé avec brio le défi de prouver que ce n’était pas parce qu’il ‘était un "fils de" qu’il avait pu enregistrer un disque. Mieux même, il nous avait littéralement bouleversé avec son "Ash Wednesday" , grand album sur la perte, sur la vie qui continue, grand album […]

Il y a deux ans, Elvis Perkins avait relevé avec brio le défi de prouver que ce n’était pas parce qu’il ‘était un "fils de" qu’il avait pu enregistrer un disque. Mieux même, il nous avait littéralement bouleversé avec son "Ash Wednesday" , grand album sur la perte, sur la vie qui continue, grand album tout court. Mais la carrière d ‘un artiste est ainsi faite qu’à peine lui a-t-on décerné des galons qu’on lui demande de les remettre sur la table et de les gagner à nouveau. Car "In dearland" est un second album, et comme le veut l’adage, sur un second album, il faut enfoncer le clou, montrer qu’on a pas un pistolet à un coup. Plus encore dans le cas d’Elvis Perkins, il lui faut démontrer que, sans les éléments qui avaient fait d’"Ash wednesday" un exhutoire de la peine causée par la perte consécutive de son père et de sa mère dans des circonstances tragiques, il sait aller puiser verve et inspiration ailleurs. 

Notre homme semble d’ailleurs assez conscient du défi si l’on s’en tient à l’ouverture de l’album : Shampoo se déploie avec une mélodie et un chant ample, et donne le ton. Pas question de chercher à reproduire des schémas, mais une volonté de tourner la page et d’aller de l’avant. Bonne nouvelle. La suite de l’album reste dans la même lignée. Si la guitare acoustique reste l’élément conducteur, l’ambiance est enlevée, à la fois champêtre et presque festive, les morceaux s’enchaînent avec bonheur, et Elvis Perkins fait étalage de tout son talent de compositeur. Se révèle de manière encore plus évidente que sur "Ash wednesday" une parenté avec le Dylan des débuts, notamment sur Send my fond regards to Loneleyville et son harmonica, mais cette filiation ne se révèle jamais un handicap, chose assez rare pour être notée, surtout à côté d’une pareille référence.

"In dearland" contient également quelques morceaux de bravoure qui nous rappellent qu"Ash Wednesday" s’était aussi démarqué par la force de ses mélodies. I heard your voice in Dresden est donc une superbe ballade soignée, et, plus encore, I’ll be arriving, qui sonne comme un vieux blues revu et corrigé avec son orgue vintage et son chant déformé est une pièce majeure. On notera également à plusieurs reprises qu’Elvis Perkins aime à recourir à des ambiances de fanfare, histoire peut-être de mettre un peu de second degré dans sa musique. C’est parfois parfaitement réussi, comme sur Chains, chains, chains, parfois ça tourne un peu à vide, même s’il serait exagéré de dire que ces passages nuisent véritablement à la qualité de l’album. Car si l’on pourrait s’amuser à faire la fine bouche, regretter l’émotion qui débordait de toutes parts d’"Ash Wednesday", son intensité dramatique, il faut avant tout se féliciter qu’Elvis Perkins fasse la preuve qu’il n’était pas une étoile filante. Il est là pour rester, et ce serait une erreur de se passer de lui.

Rédacteur en chef

Tracklist

  1. Shampoo
  2. Hey
  3. Hours Last Stand
  4. I Heard Your Voice in Dresden
  5. Send My Fond Regards to Lonelyville
  6. I'll Be Arriving
  7. Chains, Chains, Chains
  8. Doomsday
  9. 123 Goodbye
  10. How's Forever Been Baby

La disco de Elvis Perkins