"> Emily Loizeau - Pays Sauvage - Indiepoprock

Pays Sauvage


Un album de sorti en chez .

Déjà, avant ce « Pays Sauvage », on admirait Emily Loizeau pour sa plume capable de produire des chansons belles comme L’Autre bout du monde, aussi bien que des petites comptines acidulées et retorses comme Je ne sais pas choisir.   Avec ce nouvel album, Emily Loizeau s’échappe du berceau de la chanson française où on était […]

Déjà, avant ce « Pays Sauvage », on admirait Emily Loizeau pour sa plume capable de produire des chansons belles comme L’Autre bout du monde, aussi bien que des petites comptines acidulées et retorses comme Je ne sais pas choisir.
 
Avec ce nouvel album, Emily Loizeau s’échappe du berceau de la chanson française où on était tenté de la ranger. Il règne ici une étrangeté envoûtante ; la musicienne déploie un univers fort et personnel ; mélange de gravité et de légèreté, où prédominent les voix et les sons percussifs.
 
Au vu du titre, on pouvait s’attendre à l’évocation fantasmée de quelque eldorado paradisiaque. La réalité est beaucoup plus sombre : « Les yeux perdus au fond d’un marécage / j’ai retrouvé le reflet d’un visage / il avait quelque chose de toi / mais il est mort, il est froid. » Ce morceau-titre constitue une entrée en matière extrêmement forte, poignante. La suite du disque comporte de nombreux moments également intenses, notamment Songes et son piano glacé, Ma maison qui s’envole en spirales dans une sorte de transe, ou encore Le cœur d’un géant plein de mystère. Sur In our dreams, pur moment de grâce, Emily accomplit même l’impossible exploit de rendre romantique le pourtant peu glamour David-Ivar Herman Dune.
 
Le disque fait également place à des moments plus légers : la voix se fait tour à tour espiègle ou émouvante selon les morceaux ; Emily Loizeau prouve qu’on peut varier les styles et les instrumentations tout en maintenant une cohérence.
 
Elle n’a pas hésité à s’entourer d’une multitude d’invités, comme Thomas Fersen transformé en grenouille sur The Princess and the Toad ; Jeanne Cherhal et Olivia Ruiz sur le caustique La femme à barbe, ou encore Moriarty qui débarque avec son western de poche sur le gospel Fais battre ton tambour. On imagine sans peine une procession mi-funèbre, mi-comique au milieu du désert. Des field recordings capturés lors de divers voyages assurent les transitions entre les morceaux et achèvent de donner à l’album son coté ouvert, aventureux et étrange.
 
Sans doute, un disque qui fera date.

Chroniqueur

La disco de Emily Loizeau