"> Future Of The Left - Travels With Myself And Another - Indiepoprock

Travels With Myself And Another


Un album de sorti en chez .

Je me souviens encore de la phrase la plus juste jamais écrite sur "Nevermind" de Nirvana à l’époque de sa sortie. Elle était signée d’un chroniqueur de Rock’n’Folk, magazine qui avait poussé la lucidité, ce mois-là, jusqu’à placer "Use Your Illusions" de Guns’n’Roses en disque du mois, reléguant "Nevermind" plusieurs pages plus loin… "Ce truc […]

Je me souviens encore de la phrase la plus juste jamais écrite sur "Nevermind" de Nirvana à l’époque de sa sortie. Elle était signée d’un chroniqueur de Rock’n’Folk, magazine qui avait poussé la lucidité, ce mois-là, jusqu’à placer "Use Your Illusions" de Guns’n’Roses en disque du mois, reléguant "Nevermind" plusieurs pages plus loin… "Ce truc transcende la grisaille", écrivait Philippe Ducayron. On pourrait écrire la même chose du nouvel album Future Of The Left : ce disque est tellement bien conçu que la rage et la colère (qui en sont les ingrédients principaux) deviennent véritablement galvanisantes. La puissance physique dégagée par cet album, tellement euphorisante qu’elle vire presque au comique, justifie à elle seule son écoute. Il manquera probablement un côté plus directement pop à "Travels With Myself And Another" pour devenir un véritable étendard générationnel, mais voici le type d’album qu’un jeune prosélyte pourra jeter à la face de ses camarades pour leur signifier l’étendue de son mépris pour la musique mainstream, pour exorciser la daube radiophonique prônée par ses pairs…

"Travels" est pétri de qualités, mais sa force première vient d’un constat évident : Future Of The Left détient, indéniablement, le Pouvoir de la Guitare, cette aptitude surnaturelle à immortaliser les crissements, les attaques, les vrombissements les plus stimulants issus d’une six-cordes. La prose reste désespérément inapte à retranscrire en épithètes la puissance que peut dégager un son de guitare. De Sugar à Shellac en passant par les Queens Of The Stone Age, nombreux sont les disques que l’on porte au Panthéon sur la foi de la seule force de la Guitare Toute Puissante. Rauque, sans saturation excessive, d’attaque surpuissante suivie d’un sustain réduit à son strict minimum, la guitare selon Future Of The Left grommelle, se racle la gorge, éructe parfois, jure et surtout impose son impitoyable loi. Sans virtuosité mais grâce à des riffs diaboliques de nervosité torve, les guitares occupent le devant de la scène et propulsent les voix bilieuses bien au-delà du mur du son. Les Ecossais, parallèlement, s’avèrent tout sauf manchots lorsqu’il s’agit de trousser quelques refrains. L’aspect mélodique passe bien entendu au second plan, et l’on ne songerait pas non plus à comparer l’écriture avec celle d’un Neil Hannon. Pour autant, The Hope That House Built, Throwing Bricks At Trains, Yin/Post Yin (hargneusement pop) ou le compact That Damned Fly offrent autant de refrains mémorables qui donnent simplement envie d’arracher sa cravate pour entamer une séance de headbang dans le métro.

Pour moi, il est trop tard, mais toi, cher jeune, perdu en ces pages : trouve ta voie. Ecoute Future Of The Left. Emmerde tes parents, conchie le mainstream, sois incorruptible ne serait-ce que l’espace de quelques mois. Fais de ce disque un phénomène. S’il te plaît.

Chroniqueur
  • Pas de concert en France ou Belgique pour le moment

Tracklist

  1. Arming Eritrea
  2. Chin Music
  3. The Hope That House Built
  4. Throwing Bricks At Trains
  5. I Am Civil Service
  6. Land Of My Formers
  7. You Need Satan More Than He Needs You
  8. That Damned Fly
  9. Stand By Your Manatee
  10. Yin / Post-Yin
  11. Drink Nike
  12. Lapsed Catholics

La disco de Future Of The Left