"> Grand Corps Malade - Midi 20 - Indiepoprock

Midi 20


Un album de sorti en chez .

Grand Corps Malade, c’est d’abord l’histoire de ce jeune garçon foudroyé par un plongeon tragique dans une piscine, par un accident quasi-fatal, qui l’a privé d’une partie de sa mobilité. Voué à une existence de handicap, c’est par le slam, cet art du texte parlé, scandé, que Fabien est né à nouveau, sous le pseudonyme […]

Grand Corps Malade, c’est d’abord l’histoire de ce jeune garçon foudroyé par un plongeon tragique dans une piscine, par un accident quasi-fatal, qui l’a privé d’une partie de sa mobilité. Voué à une existence de handicap, c’est par le slam, cet art du texte parlé, scandé, que Fabien est né à nouveau, sous le pseudonyme explicite de Grand Corps Malade.

Si l’on répugne d’ordinaire à se complaire dans ce type de considérations biographiques, plus propices au voyeurisme ou au misérabilisme qu’à une réelle appréciation de l’artiste, Grand Corps Malade ne laisse pas vraiment de choix à l’auditeur. De son nom de scène à la plupart des textes de ce premier album ("L’existence est fragile comme une vertèbre cervicale"), tout rappelle ce traumatisme et la difficulté de vivre le handicap.

Musicalement, la plupart des titres sont livrés presque nus, ou avec un habillage minimal. Les meilleurs morceaux (Midi 20), sont cependant les plus orchestrés. Grand Corps Malade n’a pas l’expressivité vocale d’un Buck 65 pour pouvoir se permettre de systématiquement captiver l’auditoire par la seule force de sa scansion.

Occasionnellement virtuose, notamment sur le brillant Ma Tête, Mon Coeur…, le slam de Grand Corps Malade est aussi parfois d’une maladresse candide, un rien surprenante mais pas totalement dénuée de charme. Le recours régulier à un verlan de circonstance pour quelques rimes faciles peut parfois faire tiquer. Ailleurs, plus souvent, la rigueur de la formulation et le travail sur les sonorités démontrent une vraie maîtrise de la langue.

A ce disque inégal mais attachant, impudique et énergique, on reprochera quelques accès de facilité, lorsque Grand Corps Malade se fait trop explicitement donneur de leçons d’optimisme. On gardera en revanche longtemps en mémoire quelques textes d’une veine autobiographique sans fard directement héritée de l’Akhenaton de "Métèque et Mat" : Je Connaissais Pas Paris Le Matin, 6ème Sens ou encore Vu De Ma Fenêtre.

Chroniqueur

Tracklist

  1. Le jour se lève
  2. Saint-Denis
  3. Je dors sur mes 2 oreilles
  4. Midi 20
  5. Ca peut chémar
  6. 6ème sens
  7. Je connaissais pas Paris le matin
  8. Chercheur de phases
  9. Paroles du bout du monde
  10. Attentat verbal
  11. Les voyages en train
  12. J'ai oublié
  13. Vu de ma fenêtre
  14. Rencontres
  15. Ma tête, mon cœur
  16. Toucher l'instant

La disco de Grand Corps Malade