"> Jay-Jay Johanson - Spellbound - Indiepoprock

Spellbound


Un album de sorti en chez .

Deux ans déjà depuis un "Self Portrait" dont le titre même relevait de l’introspection, voici maintenant un "Spellbound "(Envoutement) qui accentue encore plus le cadre intimiste que s’est forgé notre electro-crooner. Ce dernier terme semble pourtant avoir pris le pas sur la teneur « synthétique » qui tait celle de notre vocaliste dans la mesure où, hormis […]

Deux ans déjà depuis un "Self Portrait" dont le titre même relevait de l’introspection, voici maintenant un "Spellbound "(Envoutement) qui accentue encore plus le cadre intimiste que s’est forgé notre electro-crooner. Ce dernier terme semble pourtant avoir pris le pas sur la teneur « synthétique » qui tait celle de notre vocaliste dans la mesure où, hormis sur Suicide Is Painless (sic!) , toute trace de trip-hop s’est comme évanouie de son univers. 

Celui-ci reste, bien évidemment, perclu par la mélancolie, la dérive (Driftwood) et le mal-être qui peut en  résulter. Ainsi Dilemna, comme un fil conducteur, va obscurcir l’album avec des tonalités angoissantes évoquant New Orleans. Se maintiendra alors ce climat jazzy vers lequel Johanson semble de plus en plus se rapprocher, tant "Spellbound" sera alors fait de ces arrangements soyeux et langoureux qui vont aller tour à tour de Henry Mancini (les douces orchestrations à cordes de The Chain) ou les textures à la Chet Baker sur An Eternity

Doit-on pourtant parler de recours à une commercialisation feutrée ? Pas nécessairement, certes la voix de Johanson a perdu de son aura distanciée, à la fois chaude et cadavérique, mais si ce nouvel opus parle d’envoutement c’est parce que le chanteur puise également dans une besace peu abordée jusqu’à présent, à savoir les colorations spectrales de ce qu’on pourrait nommer travaux d’approche vers le lancinant. Monologue ouvre ainsi, sous couvert de piano éthéré, une phraséologie rituelle qui insinue un infime tremplin vers l’extatique et le morceau final, Out Of Focus, extériorise par son harmonium hypnotique un chemin insidieux en direction de la mélopée. 

L’itinéraire semble alors accompli, partant de l’affliction et semblant la circonvenir au moyen de ce détachement que peut apporter la transe. Il n’en demeure pas moins que, dans ce voyage émotionnel qui se veut une plongée dans la langueur afin de mieux la maîtriser, le registre sera toujours le même, celui d’une émotion, certes contenue, mais jamais totalement apaisée.

Chroniqueur