"> Julien Baer - Le La - Indiepoprock

Le La


Un album de sorti en chez .

Julien Baer trace son chemin depuis quelques années déjà, en alliant talent et discrétion, se permettant de longues pauses entre ses albums. Il n’est pas de ces têtes d’affiches de la chanson française dont on nous rabâche les oreilles mais un allié fidèle, du moins auprès d’oreilles attentives qui savent savourer cette douce musique suave […]

Julien Baer trace son chemin depuis quelques années déjà, en alliant talent et discrétion, se permettant de longues pauses entre ses albums. Il n’est pas de ces têtes d’affiches de la chanson française dont on nous rabâche les oreilles mais un allié fidèle, du moins auprès d’oreilles attentives qui savent savourer cette douce musique suave mais grave. Il ponctue sa vie de longs voyages solitaires au cours desquels il pioche savamment des sonorités dont ressortent plus tard des mélodies qui agrémentent ses albums. Mais cette fois-ci il n’est pas parti seul, mais accompagné de l’arrangeur Jean Lamoot, destination Bamako. Loin de lui l’idée de vouloir faire un album siglé « musique du monde », bien au contraire celui qui connaît un tant soi peu l’œuvre de Julien Baer sait qu’il ne fait que s’inspirer de son environnement pour encore mieux le réinterpréter à sa manière.
 
Julien Baer élabore un tableau contrasté et subtil de ses tourments personnels, et de sa vision du monde qui va à la dérive. Les mélopées africaines sur (Jsuis comme une) cité précèdent le très beau et hanté Tant besoin de toi, véritable délicatesse au piano. Apparemment, l’état actuel de l’économie chancelante semble l’avoir inspiré, à en juger le morceau, L’immobilier. Le rythme chaloupé et entraînant sur Le La mène la danse grâce à un savant mélange de guitare, percussions et bandonéon. Mais arrive alors Ulysse, qui rappelle certains morceaux sur « Notre-Dame des Limites », notamment Roi de l’underground. Entre psychédélisme et disco, Julien Baer pond un morceau au rythme enlevé, entêtant et terriblement accrocheur.

Désillusionné, Julien Baer s’excuse presque d’être là, tente d’expliquer ses longues absences, se retrouve décontenancé face à un public presque inexistant (sur Concert amer). Les instruments prennent toute leur ampleur, mais dans un écrin subtil, que ce soit la guitare, omniprésente, le piano, le vibraphone, les percussions, les cordes et les cuivres. Sur le magnifique Sept heures et demie, Julien Baer convie l’auditeur à partager un moment de fausse intimité, ou la mélancolie est bercée par un accordéon. On prend une pause, on respire, on laisse le monde se mouvoir sans nous un instant. Pareil, sur Douanier, il parle à nos cœurs, à ce qu’il y a de plus intime en nous.
 
Les doutes sur nos sentiments, la peur de l’engagement, d’aimer, d’aller vers l’autre, la solitude, tout ce panel de ressenti se retrouve retranscrit sur cet album. On a trouvé un confident précieux en la personne de Julien Baer, seul capable de comprendre la complexité de l’existence et des relations humaines. On est prêt à attendre encore quelques années avant la suite de ce vrai bijou, tant celui-ci nous bercera encore longtemps de ses mélodies délicates et bouleversantes.

Chroniqueur

Tracklist

  1. (J'suis Comme Une) Cité
  2. Tant Besoin De Toi
  3. Lourde Porte D'Entrée
  4. Le La
  5. L'Immobilier
  6. Ulysse
  7. Concert Amer
  8. Sept Heures Et Demi
  9. Pends Le Haut, Pends Le Court
  10. Douanier
  11. Couleurs