"> Kelly Lee Owens - Inner Song - Indiepoprock

Inner Song


Un album de sorti en chez .

8

Le second album de la nouvelle égérie galloise de l'electro délicate.

L’engouement pour le premier album de Kelly Lee Owens, paru en 2017, tenait, au-delà de ses qualités, à quelque chose de quasiment indicible. Le fait que la galloise tresse des morceaux résolument marqués par la techno (au sens light), l’inscrit dans une mouvance moderne et, parallèlement, elle pose sur ses pièces sophistiquées une voix délicate, susurrée et envoûtante à laquelle il est difficile de résister. Kelly Lee Owens, c’est donc, peut-être d’ailleurs à son corps défendant, l’artiste à la fois consensuelle et exigeante dont toute époque a besoin. Consensuelle parce que cette interaction entre voix douce et arrangements modernes et expérimentaux lui permet de s’inviter avec grâce sur de nombreuses platines, que ce soit pour une écoute attentive et rigoureuse ou pour servir de joli fond sonore pour soirée intimiste (ne pas y voir quoi que ce soit de péjoratif). Dans le même temps, ce côté « tête chercheuse » aux dynamiques évanescentes, jamais trop évidentes, n’en fait en rien une artiste résolument grand public.

Paradoxalement, c’est cet entre-deux qui nous a retenu de chroniquer plus tôt ce second album paru à la fin de l’été. Car « Inner Song », plus encore que son prédécesseur, donne envie de s’y lover plutôt que prendre un minimum de hauteur et de distance pour livrer un avis dessus. Et ce d’autant plus que Kelly Lee Owens, avec ses atours charmeurs, voire par moments presque ensorcelants, nous donne quasiment mauvaise conscience à pointer quelques limites. A moins que tout ne soit qu’une question d’angle. Car, si on prend « Inner Song » comme un tout, ce qui est logique puisqu’un album, s’il est pensé comme tel, ne doit pas être un agglomérat de titres mais une oeuvre globale, alors on peut sans hésitation le qualifier d’excellent disque, qui prend l’auditeur dans ses filets et le fait flotter pendant cinquante minutes dans une ambiance à la fois nocturne et ouatée. Et on qualifiera alors certains passages purement instrumentaux de « couloirs » qui nous font doucement passer de moments de pure beauté à un autre.

Toutefois, si on considère cet album sous l’angle de l’intensité émotionnelle qu’il nous procure, on ne peut passer sous silence la petite impression de déséquilibre que l’on éprouve parfois. En effet, une fois que l’on a dit que « Inner Song » est une réussite, on peut pointer les quelques limites qu’on lui trouve tout de même. Car, quand Kelly Lee Owens se met à susurrer, que la mélodie se développe, (On, L.I.N.E, Night), on fond littéralement. Alors, quand la voix s’efface pour laisser toute la place aux machines, on se sent un peu orphelins. Pour autant, sur un long titre comme Jeanette, le léger crescendo, l’emballement des arrangements en fait une pièce planante et évocatrice à ranger parmi les grandes réussites. En revanche, sur Flow, comme sur d’autres petits passages qui s’invitent ça et là, on attend poliment que ça se passe. Alors, encore une fois, ne vous méprenez pas, « Inner Song » est à ranger parmi les beaux albums de 2020. Mais c’est aussi un album qui, par moments, nous donne envie d’implorer son auteure de venir encore nous bercer de sa voix, de ne pas se retrancher derrière ses machines. En tiendra-t-elle compte à l’avenir ?

Rédacteur en chef

Tracklist

  1. Arpeggi
  2. On
  3. Melt!
  4. Re-Wild
  5. Jeanette
  6. L.I.N.E.
  7. Corner Of My Sky ft. John Cale
  8. Night
  9. Flow
  10. Wake-Up

La disco de Kelly Lee Owens

Inner Song8
80%