"> Kim Gordon - Play Me - Indiepoprock

Play Me


Un album de sorti en chez .

8

KIm Gordon continue d'explorer de nouveaux genres sans perdre son ADN.

Qu’est-ce que la jeunesse ? Sans vouloir nier l’évidence de l’effet du temps qui passe sur les corps, et encore, le concept mérite sans cesse d’être questionné et adapté. Et si on y associe une capacité à garder une fraîcheur d’esprit, à sans cesse avoir l’envie de découvrir et explorer de nouveaux territoires, alors Kim Gordon, à 70 ans passés, est d’une jeunesse éclatante et « Play Me », son troisième album sous son nom propre en est une nouvelle preuve. Si à ses tout débuts en solo, on avait potentiellement pu pointer qu’elle cherchait plus ou moins habilement à prolonger l’oeuvre de Sonic Youth, « The Collective » paru il y a deux ans, avait déjà brillé par la « remise à jour » que Kim Gordon avait alors réussi en remodelant ses textures sonores, les guitares saturées laissant la place à des rythmes digitaux electro indus du meilleur effet et parfaitement adaptés à sa voix plongée dans l’acide, superbe de prteinence pour venir égréner l’absurdité de notre époque.

Cette fois, sur « Play Me », Kim Gordon continue complètement à être elle-même, à savoir une artiste exigeante, qui évolue toujours dans un registre expérimental et rugueux, pourtant très loin de se montrer rigide ou incapable de faire évoluer ses fondamentaux. Ainsi, si ‘The Collective » était avant tout, sur le plan musical et sonore, un album d’atmosphère et d’ambiance qui s’émancipait des mélodies, « Play Me » renoue lui avec une certaine musicalité. Pour cela, Kim Gordon, après des textures froides et métalliques, sans les abandonner complètement, y ajoute des samples intriguants et des boucles sorties parfois de la drum » n » bass sur Dirty Tech, du hip-hop sur Black Out, de la trans sur Girl With A Look, pour des morceaux qui, dans leur radicalité et leur audace, n’oublient pas d’être accrocheurs. Sur Not Today, elle s’autorise même presque une ballade aérée et planante sur un titre où réapparaissent des guitares en filigrane.

Ainsi, même si la fin d’album revient peut-être en terrain quelque peu plus balisé avec boucles répétititves et martiales et plus d’austérité dans la forme, Kim Gordon continue de creuser son sillon, inlassablement, et à incarner ce qu’il y a de plus gratifiant à se passionner pour la musique indé, à savoir suivre une artiste pendant des décennies sans jamais se fermer à la nouveauté ni céder aux sirènes nostalgiques.

Rédacteur en chef
  • Pas de concert en France ou Belgique pour le moment

Tracklist

  1. PLAY ME
  2. GIRL WITH A LOOK
  3. NO HANDS
  4. BLACK OUT
  5. DIRTY TECH
  6. NOT TODAY
  7. BUSY BEE
  8. SQUARE JAW
  9. SUBCON
  10. POST EMPIRE
  11. NAIL BITER
  12. BYEBYE25!

La disco de Kim Gordon

Play Me8
80%

Play Me

The Collective9
90%

The Collective