"> Lauter - Cursed - Indiepoprock

Cursed


Un album de sorti en chez .

Picking agile et mélancolie en bandoulière : Lauter débarque comme un troubadour un peu fatigué mais encore prêt à faire virevolter ses doigts sur la six-cordes. "Cursed" est, c’est vrai, un très beau disque de guitare, mais c’est bien la moindre de ses qualités. Boris Kohlmayer a choisi de porter son folk vers des terrains moins bucoliques, vers […]

Picking agile et mélancolie en bandoulière : Lauter débarque comme un troubadour un peu fatigué mais encore prêt à faire virevolter ses doigts sur la six-cordes. "Cursed" est, c’est vrai, un très beau disque de guitare, mais c’est bien la moindre de ses qualités. Boris Kohlmayer a choisi de porter son folk vers des terrains moins bucoliques, vers des ambiances crépusculaires, alourdies par une anxiété inquiète typiquement urbaine. Twin Peaks n’est pas loin.

Lauter atteint sur Hit The Road un premier sommet de blues dépenaillé : à des couplets tout droit issus d’un pacte avec le Diable à la croisée des chemins succède un refrain qui sonne comme le cri d’un marin crachant sa haine à la Lune. Our Separate Ways propose une instrumentation moins décharnée mais c’est toujours le même desespoir de chien efflanqué hurlant à la mort qu’on entend. Puis, avec It Is So Quiet et ses arpèges renversants d’angoisse contenue, Lauter élève une nouvelle fois le débat et le porte à une altitude insoupçonnée.

La tension retombe ensuite quelque peu, mais Bow, glaçante mélopée sépulcrale, reprend l’auditeur à la gorge et le contamine peu à peu, aussi sûrement qu’une gangrène, avant que l’orageux The Cursed Song ne vienne donner corps à la menace poisseuse et indécise qui sourdait des morceaux précédents. Quelques derniers battements, comme autant de détonations, et Lauter s’en va : on a de nouveau peur du noir.

Lauter décrit ce recueil comme un disque "enregistré à la maison" : l’expression prête à sourire tant ce folk hanté, voué à coucher sous les ponts, semble littéralement paumé, sans domicile fixe. Pour se procurer cet indispensable concentré de noirceur automnale, toutes les informations se trouvent ici.

Chroniqueur

La disco de Lauter