"> Lee Ranaldo - Music for stage and screen - Indiepoprock

Music for stage and screen


Un album de sorti en chez .

Ce n’est pas sans une certaine appréhension que l’on aborde un des projets solos de Lee Ranaldo, guitariste de Sonic Youth. Il faut bien reconnaître que l’avant-gardisme chevronné du bientôt quinquagénaire n’est pas toujours pleinement convaincant, quand ce ne sont pas les oreilles qui en pâtissent. Mais à l’écoute de cette rétrospective de musiques composées […]

Ce n’est pas sans une certaine appréhension que l’on aborde un des projets solos de Lee Ranaldo, guitariste de Sonic Youth. Il faut bien reconnaître que l’avant-gardisme chevronné du bientôt quinquagénaire n’est pas toujours pleinement convaincant, quand ce ne sont pas les oreilles qui en pâtissent. Mais à l’écoute de cette rétrospective de musiques composées pour différents projets et à la vue de sa prestation rageuse avec le quintette new-yorkais à Saint-Cloud en août 2004, on est définitivement rassuré quand à la fièvre artistique qui habite toujours cet homme. On appelle ça un activiste.

Pas étonnant donc que ce disque soit présent sur l’émérite label français Les Disques du Soleil et de l’Acier (Sylvain Chauveau) dont l’expérimentation est synonyme d’excitation. Voici donc dix neuf extraits des musiques composées par Lee Ranaldo pour trois pièces de théâtre (I Demoni inspirée de Dostovieski, Barbablù et American Magic) et un film, Jealousy. Il est accompagné par Alan Licht (guitares),Gunter Müller (percussions, bidouillages), William Hooker (batterie) et Christian Maclay (platines), déjà aperçu avec Thurston Moore et ce même Ranaldo sur le terrifiant « Live à Victorriaville 1999 ».

L’ensemble garde une cohérence est se montre très souvent captivant (Sciatov assassins) autant qu’inquiétant (quand était-il des pièces et du film ?). Pour tous les férus de Sonic Youth et notamment des productions SYR (label du groupe), rien ici ne les surprendra bien que l’on soit loin du format chanson. Pas de « Goo » ici. L’improvisation chère à Ranaldo a bien sûr une place proéminente tout comme les stridences et larsens impromptus. Mais pas de systématisme dans les destructions bruitistes, les musiciens savent se mettre en retrait pour mieux établir une tension, voire un malaise. Les sons étranges de Maclay sont d’ailleurs pour beaucoup dans l’élaboration de ces ambiances claustrales.

« Music for stage and screen » s’apparentera pour beaucoup à une machine à laver en mauvais état de marche. Et hypnotisera les autres.

Chroniqueur