"> Marianne Faithfull - Easy come easy go - Indiepoprock

Easy come easy go


Un album de sorti en chez .

Le prestige qui auréole Marianne Faithfull va de pair avec une grande modestie et une discrétion d’autant plus appréciées. Naviguant entre la chanson, le cinéma et le théâtre, parfois en mêlant ces disciplines avec classe, elle traverse les années sans fausse note, dotée d’une vitalité et d’une curiosité sans cesse renouvelées. Après un album conçu […]

Le prestige qui auréole Marianne Faithfull va de pair avec une grande modestie et une discrétion d’autant plus appréciées. Naviguant entre la chanson, le cinéma et le théâtre, parfois en mêlant ces disciplines avec classe, elle traverse les années sans fausse note, dotée d’une vitalité et d’une curiosité sans cesse renouvelées. Après un album conçu avec ses complices, Nick Cave et PJ Harvey, le magnifique « Before the poison », elle revient flanquée de son ami, le producteur Hal Wilner, 21 ans après leur première collaboration sur l’album « Strange Weather ».
 
Hal Wilner lui a offert la crème des musiciens sur un plateau d’argent, et cela s’entend. Mais halte là, point de clinquant ni de tape à l’œil sur cet album, le prestige des collaborations allant de pair avec la simplicité de la réalisation. L’album a été fort heureusement enregistré dans les conditions du live, et rarement on aura entendu une si belle harmonie entre la voix de Marianne Faithfull et l’accompagnement musical. L’exercice de la reprise est périlleux, combien d’artistes ne s’y sont pas cassés la figure, mais elle semble s’approprier ces morceaux qui lui tiennent vraiment à cœur avec une élégance folle et toujours avec respect pour les auteurs et interprètes d’origine.
 
Chan Marshall, Warren Ellis et Sean Lennon viennent prêter main forte à Marianne Faithfull qui s’éclate sur Hold on Hold on, chanté à l’origine par Neko Case. En résulte un morceau entraînant et exaltant, doté d’une énergie rare. Nick Cave pose sa voix sur l’excellente reprise d’un morceau génial des Decemberists, The Crane Wife 3. Mais le somptueux Ooh Baby Baby, de Smokey Robinson, chanté en duo avec Antony Hegarty attire particulièrement l’attention. Les deux voix coïncident superbement, Antony apportant une touche soul sur des passages ou la voix de Marianne Faithfull se sent moins à l’aise. La reprise de Salvation de Black Rebel Motorcycle Club est aussi une vraie réussite. Marianne Faithfull prend des allures sauvages, rappelant qu’elle est une enfant du rock. Et elle nous gratifie d’une adaptation habitée du Dear God, please help me de Morissey.
 
Marianne Faithfull a su faire le dosage parfait entre chansons phares du répertoire musical et pépites indépendantes, et a prouvé qu’elle n’a pas fini de nous étonner. Elle reste une grande fan, agissant aux coups de cœur, et ne veut surtout pas se reposer sur ses lauriers en ressassant sa gloire passée. Cet album en est la preuve la plus flamboyante, celle d’une flamme qui ne va s’éteindre de sitôt et d’une voix qui va continuer à procurer des frissons, pour notre plus grand plaisir.
 

Chroniqueur

Tracklist

  1. Down From Dover
  2. Hold On Hold On
  3. Solitude
  4. The Crane Wife 3
  5. Easy Come, Easy Go
  6. Children Of Stone
  7. How Many Worlds
  8. In Germany Before The War
  9. Ooh Baby Baby
  10. The Phoenix
  11. Dear God, Please Help Me
  12. Sing Me Back Home

La disco de Marianne Faithfull